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Décès de l’américain Otto Warmbier, détenu un an et demi en Corée du Nord

Il y a un an et demi, l’étudiant américain Otto Warmbier avait été détenu par les autorités nord-coréennes. Pour avoir volé une affiche de propagande dans un hôtel. La semaine dernière, il avait été libéré. Plongé dans le coma depuis plusieurs mois, il est décédé ce lundi aux USA.

Crédit photo : AP

En janvier 2016, Otto Warmbier, étudiant de l’université de Virginie âgé de 22 ans, décide de participer à un séjour touristique en Corée du Nord. Accusé d’avoir arraché une affiche de propagande du régime à l’hôtel de Yanggakdo, où il séjournait, Otto est condamné à 15 ans de travaux forcés pour « activités hostiles » contre le régime. Son procès, télévisé, a duré une heure. 18 mois plus tard il est libéré. A cette occasion, on apprend qu’il est plongé dans le coma depuis près d’un an. La cause officielle serait qu’il aurait été frappé de botulisme quelques temps après son procès. On lui aurait donné somnifère et il ne se serait plus jamais réveillé. Les analyses faites par les médecins américains contredisent cette thèse.

Le type de lésions neurologiques dont il souffrait résulte d’ordinaire d’un arrêt cardio-respiratoire. Les examens n’ont pas révélé de traumatisme physique chez Warmbier et l’équipe médicale a démenti l’explication fournie par le régime nord-coréen en indiquant n’avoir pas relevé de trace de botulisme dans l’organisme de l’étudiant. Face à cela, de nombreuses voix se sont élevées pour dire que le régime l’avait volontairement plongé dans le coma mais des spécialistes ont néanmoins jugé improbable que Pyongyang l’ait fait. D’autant plus que les prisonniers étrangers sont une sources de pression pour le régime d’un point de vue diplomatique. Ainsi la libération de Warmbier correspond avec la venue du célèbre basketteur américain Dennis Rodman en Corée du Nord.

Sa libération avait été réalisée dans un contexte diplomatique sous tension extrême entre les USA et la Corée du Nord. Donald Trump a dénoncé dans un communiqué « la brutalité du régime nord-coréen », « Le sort d’Otto renforce la détermination de mon administration à empêcher de telles tragédies d’advenir, et d’abandonner des gens innocents aux mains de régimes qui ne respectent pas la loi et bafouent la décence humaine ». Autant dire que face à ce drame Trump l’impulsif peut raviver les tensions qui étaient déjà très vives, lui qui ne veut pas voir les USA perdre en influence dans la région, surtout face à la Chine.

Trois états-uniens sont à l’heure actuelle toujours emprisonnés en Corée du Nord : deux hommes qui enseignaient dans une université de Pyongyang financée par des groupes chrétiens étrangers et un pasteur Américano-Coréen, accusé d’espionnage au profit de Séoul. Les excuses pour une politique plus musclée de la part de Trump sont là.
D’autant plus alors que les États-Unis reprennent leur politique interventionniste de plus belle. Cette semaine, l’armée américaine a abattu un avion syrien ce qui montre également qu’au Moyen-Orient les USA cherchent à renforcer leur influence de manière agressive. La politique de Trump quant au Qatar approfondit également l’instabilité dans la région du Golfe. Ses messages envoyés vis-à-vis des Qataris ont donné des ailes à l’Arabie Saoudite et à ses autres alliés de la région qui ont pris des mesures de sanctions sous prétexte que le Qatar soutient le terrorisme.

L’instabilité creusée à l’internationale par les différentes prises de position de Trump et son gouvernement rabattent les cartes au Proche et Moyen Orient, dans les Pays du Golfe, en Mer de Chine ou encore en Corée.. Mais en donnant du grain à moudre à ses détracteurs, le président réactionnaire se trouve aujourd’hui en pleine tourmente, au sein même des États-Unis, où se dessine la possibilité d’un impeachment.




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