^

Société

État raciste

Délit de solidarité : le procès des « 7 de Briançon » venus en aide aux migrants

Il y a près de six mois, Génération Identitaire organisait une opération anti-migrants à la frontière Franco-Italienne, dans les Hautes-Alpes, sans réaction du gouvernement. Ce jeudi, un groupe de sept personnes « suspectées » d’être venues en aide à des réfugiés passaient en procès à Gap.

Ce jeudi 8 novembre s’ouvrait le procès de ceux qu’on appelle « les 7 de Briançon ». En avril dernier, Génération Identitaire avait organisé une action nauséabonde pour fermer physiquement la frontière Franco-Italienne au niveau du col de l’Échelle dans les Hautes-Alpes. Un passage particulièrement emprunté par les réfugiés du fait de l’escalade répressive menée par le gouvernement plus au sud, au niveau de Menton. 

Une opération qui s’était surtout avérée être un gros coup de com’ pour l’organisation d’extrême-droite, sur laquelle le gouvernement avait totalement fermé les yeux, laissant même survoler la zone par deux hélicoptères affrétés par Génération Identitaire.

En réaction, une marche de solidarité avec les migrants s’était organisée aux alentours de Briançon, de l’Italie vers la France et avait réuni environ 150 personnes. Sept d’entre eux – deux Suisses, une Italienne et quatre Français – avaient été interpellés, accusés d’être venus en aide à des migrants au cours de cette marche solidaire. Les trois non-Français avaient passé jusqu’à 9 jours en détention provisoire.

Les « sept de Briançon » passaient donc en procès ce jeudi, à Gap, accusés de délit de solidarité et risquant de fortes amendes et de la prison ferme. L’un deux expliquera aux journalistes de Libération : « Face à la militarisation de la frontière et la présence des identitaires, nous avons juste fait notre devoir : aider des gens qui risquaient leur vie dans la neige […] L’enjeu de ce procès, c’est l’hiver qui arrive et la situation catastrophique des exilés, clairement mis en danger par les pratiques des forces de l’ordre ».

Lors de l’hiver précédent, ils étaient près de 500 à avoir été envoyés à l’hôpital après avoir tenté de traverser la frontière dans la neige, subissant des températures extrêmes. 

Au cours du procès, qui a duré toute la journée, un rassemblement s’est tenu sur la place devant le tribunal de Gap. Plusieurs centaines de personne sont venus soutenir les prévenus, dont de nombreux représentants d’associations d’aide aux réfugiés (Tous Migrants, la Cimade, la LDH…) ainsi que des militants syndicaux et politiques, à l’instar de Philippe Poutou. 

Dans le même temps, une pétition intitulée « Liberté et relaxe pour les 7 de Briançon » a réuni 45 000 signatures.

Ce que cette affaire révèle, c’est la xénophobie d’État, avec un deux poids deux mesures évident. D’une part en laissant Génération Identitaire faire des démonstrations de force à la frontière quand, d’autre part, il s’agit de déployer tout un arsenal répressif et policier aux frontières et de traîner en justice celles et ceux qui ne font que se solidariser avec les migrants, fuyant la guerre et la misère.

Crédits Photo : Le DL/Vincent OLLIVIER




Mots-clés

Racisme   /    #JusticeDeClasse   /    Répression   /    Société