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Politique

Nouvelle affaire en Macronie

Démission de Laura Flessel pour une affaire de fraude fiscale ?

Selon des informations du Canard Enchaîné et de Médiapart, confirmées par le quotidien Le Monde, le fisc souhaite engager des poursuites pénales à l’encontre de Laura Flessel et de son mari. En cause ? Des dizaines de milliers d’euros qui auraient été détournés du compte de son ex-société pour alimenter son compte personnel. Une nouvelle affaire de l’ « ancien monde » qui explique la démission surprise de Flessel, et montre les faiblesses et l’épuisement prématuré du macronisme.

crédit photo : l’équipe

Remplacée dans la journée par Roxana Maracineanu à la tête du ministère des sports, Laura Flessel pourrait être poursuivie pour fraude fiscale, si la Commission des infractions fiscales (CIF) venait à valider la décision du fisc d’engager des poursuites pénales. « La guêpe » et son mari auraient versé plusieurs dizaines de milliers d’euros de la société « Flessel and co » sur leur compte personnel, avant que celle-ci face l’objet d’une « dissolution anticipée » en septembre dernier. Ces revenus n’ayant par ailleurs, pas été déclarés, ils font l’objet d’un soupçon d’abus de bien social.

Si le quotidien Le Monde nous apprend que « le fisc a déjà procédé à un redressement fiscal à l’encontre des époux Flessel, en marge de la saisine de la CIF », le mal était déjà fait. C’est ce qui explique que, d’après les révélations du Canard Enchaîné, l’exécutif « a averti [Laure Flessel] qu’elle devrait quitter le gouvernement à la première occasion ». Au cours de l’été, l’Elysée l’a en effet informée des poursuites du fisc à son encontre. Une information qui proviendrait de la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP) qui a supervisé le contrôle fiscal, et peut, depuis une loi de 2013, prévenir le président de la République et le premier ministre en cas d’irrégularités constatées lors de la vérification des situations fiscales des ministres récemment nommés.
Pour démissionner, Laura Flessel aura donc saisi l’ « occasion » de le faire le jour de la nomination de François de Rugy au ministère de l’écologie, suite à la démission, là aussi, de Nicolas Hulot. Afin que son départ fasse le moins de vagues possible ? Nul doute que la porte drapeau des JO de Londres a certainement été poussée par l’Elysée à devancer les révélations du Canard Enchaîné et de Mediapart…

Pourtant, après les précédentes « affaires » autour de Muriel Pénicaud, Gérald Darmanin, Richard Ferrand, Françoise Nyssen ou Alexis Kohler, le mal est fait une nouvelle fois. Retenons que l’Elysée, pourtant au courant de ses démêlés avec le fisc, aura préféré laisser le loisir à Flessel d’orchestrer sa sortie. En d’autres termes : le fisc a beau vouloir engager des poursuites pénales pour l’une de ses ministres, le pouvoir ne s’en offusque pas puisqu’il ne la débarque pas sur le champ. On peut même imaginer que, si ces affaires, répétées, ne rejetaient une image néfaste sur la Macronie et son story telling, cette même Macronie se serait tranquillement accommodée de Flessel, et l’aurait couverte comme ça a pu être fait pour Benalla la barbouze.

Pendant la campagne, Emmanuel Macron a eu beau surfer sur la vague d’un « nouveau monde », d’une « république en marche » faite de transparence et d’exemplarité, plus personne n’est dupe, et l’ « affaire Flessel » confirme une fois de plus que Jupiter et sa cour usent et abusent des pratiques de « l’ancien monde »…




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