^

Monde

Etats-Unis

Dépôt d’une première résolution pour tenter de destituer Trump

Brad Sherman, élu californien, vient de déposer ce mercredi 12 juillet à la Chambre des représentants une résolution pour « entrave à la justice » afin d’entamer une première procédure de destitution. Co-signé par Al Green, ce texte semble malheureusement bien faible pour lancer tout impeachment contre le président américain, voire « ridicule » d’après le porte-parole de la Maison blanche.

En ligne de mire, les liens entre Trump et le pouvoir russe

Le texte déposé par Brad Sherman met ainsi en avant une tentative d’obstruction à la justice, de la part de Donald Trump, dans le contexte de l’enquête menée pour éclaircir les relations entre ce dernier et la Russie. En effet, le président américain est accusé par l’élu californien d’avoir cherché à influencer cette enquête menée notamment contre Michael Flynn.

Les faits remontent avant l’élection de Trump, puisque le piratage des mails d’Hillary Clinton par des hackers russes, notamment, avait fini de convaincre les services de renseignement américains que la Russie s’efforçait de déstabiliser le parti Démocrate dans la course à la présidentielle. S’il est, en effet, difficile d’accuser directement Trump dans ce dossier d’ingérence russe, différentes révélations et scandales touchant son entourage peuvent finir par mettre réellement le président en difficulté. Ainsi, entre la démission de Michael Flynn, ex-conseiller à la Sécurité nationale de Trump en raison de ses liens avec l’ambassadeur russe, le limogeage de James Comey, directeur du FBI qui enquêtait sur la collusion entre le président et le kremlin, et plus récemment les révélations autour d’une rencontre entre Trump fils et une avocate russe Natalia Veselnitskaya, les soupçons planent autour du président. Mais, préalablement à cette rencontre, un échange d’emails entre Donald Trump Jr et Rob Goldstone, divulgué ce mardi, révélait qu’un procureur russe souhaitait « donner à la campagne Trump des informations et documents officiels qui incrimineraient Hillary et ses transactions avec la Russie ». Si le fils aîné de Trump nie avoir obtenu des informations compromettantes et pouvant nuire à Hillary Clinton de la part de cette avocate liée au pouvoir russe, l’étau semble se resserrer progressivement sur le président américain.

Un impeachment est-il possible ?

Si les soupçons de collusion avec la Russie entachent de plus en plus dangereusement le gouvernement Trump, la résolution déposée par Brad Sherman demeure pour l’instant plus symbolique qu’une réelle menace pour le président américain. En effet, la Chambre des représentants étant majoritairement composée par les Républicains il paraît bien peu probable que cette tentative de destitution puisse aboutir. D’autant plus qu’à l’heure actuelle, la plupart des démocrates préfèrent attendre les conclusions de l’enquête avant d’engager une éventuelle procédure à l’encontre de Trump. Mais d’après Sherman, « si l’incompétence impulsive continue, à la fin, dans de nombreux mois, les républicains se joindront au combat en faveur de la destitution ». Car derrière cette procédure d’impeachment, c’est bien certaines franges de la bourgeoisie américaine qui cherchent à mettre une épée de Damoclès au-dessus de la tête d’un Donal Trump qui apparaît parfois comme incontrôlable et capable d’agir contre les intérêts américains. La crise entre l’Arabie et le Qatar, que son secrétaire d’Etat Rex Tillerson a tenté d’éteindre cette semaine, n’est qu’un exemple parmi d’autres. Reste à savoir jusqu’où les agissements de Trump devront aller pour que son « incompétence » soit reconnue unanimement par les républicains… A l’heure où le président américain est en visite à Paris pour assister au déballage martial du 14 juillet avec le couple Macron, sa destitution paraît encore improbable. D’autant plus que dans l’histoire américaine, aucun président n’a été destitué : seuls Andrew Johnson en 1868 et Bill Clinton en 1998 ont été accusés puis rapidement acquittés. Quant à Richard Nixon, empêtré dans le Watergate, il lui a fallu démissionner afin de s’éviter une destitution certaine par le Congrès.

Crédits photos : AP Photo




Mots-clés

Donald Trump   /    Russie   /    Etats-Unis   /    Monde