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Comment jeter de l’huile sur le feu…

Dépôt de carburant débloqué par la force à Rennes. Le gouvernement veut l’affrontement

Publié le 20 mai 2016

Une grève ? Quelle grève ? Faute de pouvoir faire lever leur barrage aux routiers d’Ille-et-Vilaine, le gouvernement vient d’envoyer la gendarmerie mobile : mieux que des briseurs de grève, plus efficaces. Un véritable scandale.

Corinne Rozenn

Vern-sur-Seiche : principal dépôt d’hydrocarbures dans l’Ouest, après celui de Donges, où la raffinerie est bloquée par les salariés, et celui du Mans. Il fournit l’ensemble de l’Ouest, l’Ille-et-Vilaine, les Côtes-d’Armor, le Finistère, la Mayenne, la Sarthe et une partie de la Manche en essence sans plomb 95 et 98, en gazole et en fioul domestique. Et le problème, pour le gouvernement, c’est que toute la région risquait la panne sèche…

C’est la raison qui a été avancée pour déloger le piquet de routiers FO, CGT, CNT et SLB, le syndicat breton, ainsi que leurs soutiens, qui en bloquait l’entrée. L’action avait commencé mercredi, après la journée de grève du 17 et l’entrée des routiers en mouvement la veille. Un barrage filtrant, aux ronds-points, en rendait difficile l’accès. Les routiers sont passés à la vitesse supérieure hier, avec un blocage complet du dépôt.

La préfecture, sur ordre du gouvernement, vient d’y envoyer la gendarmerie qui a forcé le passage en délogeant les routiers et les militants. C’est un très grave précédent dans la situation actuelle, facilitée par la direction de FO Transports qui a annoncé se désengager du mouvement alors qu’elle affirmait encore en début de semaine que le mouvement devait s’inscrire dans la durée.

Après les provocations d’hier, aux abords du Stade Rennais, la police continue à intervenir brutalement contre la mobilisation et les grévistes, cette fois-ci sur un dépôt de carburant. C’est tout le mouvement qui est dans la ligne de mire de Hollande et Valls, et pas uniquement les « cagoulés » et les « radicaux ». Gare au retour de flamme…