Genres et Sexualités

Depuis la France, solidarité pour le droit à l’IVG en Pologne !

Publié le 3 octobre 2016

Ce dimanche, à Paris, devant l’ambassade de Pologne, s’est tenu un rassemblement en soutien aux Polonaises dont le droit à l’avortement se trouve actuellement gravement menacé.

Nicolas-Marie Santonja
Photographie : Ori M. Parizel

Le droit à l’IVG, un droit acquis ?

En Pologne, être femme désirant avorter est déjà un périlleux exercice puisque la législation ne l’autorise que dans trois cas seulement : le risque pour la vie ou la santé de la mère, une grave pathologie irréversible chez l’embryon, et dans le cas d’une grossesse résultant d’un viol ou d’un cas d’inceste. Mais, récemment, le droit à l’IVG se voit encore toujours plus menacé suite à la proposition d’un comité citoyen nommé « Stop avortement ». Cette proposition restreindrait radicalement le droit à l’avortement puisqu’il ne serait autorisé que dans un seul cas : si la vie de la femme est en danger immédiat. De plus, le texte prévoit une peine de prison pouvant atteindre cinq ans pour les médecins et autres personnes participant à l’IVG, mais aussi pour les patientes elles-mêmes, mais autorise le juge à renoncer à punir ces dernières.

Les députés polonais ont voté, par une éloquente majorité, l’admission de la proposition en travaux parlementaires. Cela n’est pas surprenant si l’on se rappelle que la Pologne est dirigée par la droite conservatrice, très influencée par les institutions religieuses. Depuis l’annonce de cette attaque frontale du droit des femmes, des rassemblements se sont multipliés en Pologne, le cintre brandi, symbole de la lutte pour le droit à l’avortement, rappelant les méthodes terribles auxquelles étaient condamnées les femmes avant qu’elles ne puissent accéder à des conditions décentes d’avortement.


« Enceintes ou avorté-e-s, c’est pas à l’État de décider ! »

Le rassemblement à Paris s’est donc déroulé dans un calme relatif, encadré par quelques policiers protégeant fermement l’ambassade de Pologne et à peine troublé par quelques militants anti-IVG vindicatifs et rapidement repoussés par l’assemblée. Il y avait environ 300 personnes. Étaient présentes beaucoup d’organisations du paysage féministe français, comme Osez le féminisme, le Mouvement de libération des femmes (MLF), FièrEs, les FEMEN, mais aussi le jeune collectif Féministes révolutionnaires. Étaient aussi présents des organisations politiques comme les Jeunesses communistes, des composantes du Front de gauche, le Planning familial et Amnesty international.

Se sont succédé des interventions en polonais et en français, témoignant de la situation en Pologne, ponctuées par quelques slogans et le chant de l’hymne des femmes repris par l’assemblée. Parmi les pancartes et les slogans, beaucoup de dénonciation de l’influence de la religion sur le recul du droit à l’avortement (« Occupez-vous de vos prières, on s’occupe de nos ovaires »), un rappel du droit fondamental et non négociable des femmes à pouvoir disposer de leur corps (« Mon corps, mon choix, ta gueule »), mais aussi une dénonciation des conditions encore insuffisantes pour avorter, rappelant que le discours culpabilisant est encore très présent dans des pays où le droit à l’avortement existe.Et, dans des moments plus lyriques, le message est devenu plus internationaliste lorsque la foule scandait : « So-So ! Solidarité ! Avec les avorté.e.s du monde entier ! ».

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