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Politique

Moralisation de la vie publique

Députée LREM, elle facturait ses visites de l’Assemblée 120 euros

Les quinquennats se succèdent et se ressemblent : après Bayrou embourbé dans une affaire d’emplois fictif, c’est au tour d’une députée de la majorité d’être épinglée par l’hebdo Marianne. Et pour cause : elle facturait 120 euros ses visites de l’Assemblée nationale !

Une des réformes phares du gouvernement Macron, mise à part la réforme du code du travail XXL, ce fut la moralisation de la vie politique, une moralisation qui a fait long feu, car déjà à ses débuts, le garde de sceaux, François Bayrou, s’est placé dans l’œil du cyclone suite à une investigation sur les contrats de travail des salariés et des assistants parlementaires de son parti le Modem, affaire qui lui a coûté son poste en tant que ministre de la justice. Aujourd’hui c’est au tour d’une députée du mouvement en marche, qui organisait des visites touristiques guidées de l’assemblée facturées par son entreprise de tourisme.

Selon l’hebdomadaire Marianne, la député LREM de la Sarthe, Pascale Fontenel-Personne, propose des visites guidées à l’assemblé nationale au prix de 119 euros, via son entreprise de voyages touristiques, Access Tour Le Mans. Les visites, étaient animées en personne par la députée, un petit plus qui fait la différence quand les touristes hésitent entre plusieurs excursions autour du centre-ville.
Jeudi 7 septembre au soir la député a répliqué via un communiqué posté sur les réseaux sociaux : « je n’ai rien à me reprocher » et ensuite elle se défend en argumentant que « le tarif comprends le trajet entre Le Mans et Paris, le repas, ainsi que des déplacements divers » en gros la visite serait du bénévolat !

A ce sujet, le président de l’assemblée nationale, François de Rugy, a annoncé avoir saisi la déontologue de l’assemblée nationale et la députée devra s’expliquer en personne devant celle-ci, car même s’il est courant que les députés fassent visiter l’assemblée, il est strictement interdit de facturer ce type de visite. L’article premier du code de déontologie précise : « les parlementaires doivent s’abstenir d’utiliser les locaux ou les moyens de l’assemblée nationale pour promouvoir des intérêts privés »

Deux autres visites étaient prévues d’ici à la fin de l’année par l’entreprise de la députée : la première le 12 octobre et ensuite le 4 décembre. Le programme prévoyait « une arrivée pour le déjeuner à Paris » et « une visite guidée du palais bourbon », le tout « en présence de notre députée ». Pourtant, dans sa réponse à Marianne, la députée affirme qu’« à ce jour, aucune visite n’a été organisée depuis mon élection, et rien n’indique dans le programme que je serai la députée qui accueillera le groupe ». Un personnage sinistre de notre histoire contemporaine affirmait (en reprenant Voltaire) « Mentez, Mentez, il en restera toujours quelque chose » c’est évidement une leçon bien apprise par les députés et ministres que, malgré des lois « moralisatrices », ils peuvent continuer leur train-train de luxe, de mensonges publics, d’emplois fictifs et de rétrocommissions à tout-va. Pendant qu’on nous demande de nous serrer la ceinture et de faire des efforts dans nos lieux de travail, madame la ministre réfléchit déjà au prochain tour touristique, celui du musée des acquis sociaux, de la sécurité sociale, des APL et du code du travail. A moins que les baisses du budget de la Culture ne forcent à fermer ce musée ?




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