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Monde

Plus que quelques heures avant la déclaration de l’Indépendance ?

Dernière minute. La tension monte d’un cran en Catalogne avant le discours de Puigdemont

La tension est à son comble en Catalogne, quelques heures avant le discours du chef de l’exécutif catalan, Carles Puigdemont, devant l’Assemblée. Décrétera-t-il ou non l’indépendance ? En attendant, Madrid et le patronat continuent à frapper.

C’est peu après 13h que le porte-parole de la Généralité, Jordi Turull, a fait une déclaration à la presse pour souligner que l’exécutif catalan faisait bloc autour de son chef, sans pour autant préciser s’il y aura, ou non, Déclaration Unilatérale d’Indépendance mardi soir. Les pressions augmentent au sein du principal parti bourgeois catalaniste, le PDECat, pour essayer de trouver une sorte de compromis : une déclaration d’indépendance qui n’en serait pas vraiment une, qui renverrait la sécession à plus tard et ouvrirait une phase de négociations avec Madrid. L’aile gauche du « procès », le mouvement indépendantiste catalan, autour de l’ERC (centre-gauche) et de la CUP (extrême gauche) est absolument opposée à cette solution de « faux compromis ». A l’extrême opposé, le gouvernement central madrilène et la monarchie restent droit dans leurs bottes et refusent tout dialogue tant qu’il est question « d’indépendance », même différée, et ce davantage encore après la manifestation ultraréactionnaire pro-unioniste de Barcelone, ce dimanche.

Madrid, en effet, continue à cibler, sans relâche, le droit des Catalans à l’autodétermination. Après avoir suspendu la session plénière du Parlement catalan de lundi, le Tribunal Suprême madrilène envisage maintenant de s’en prendre directement à Puigdemont. Parallèlement, la justice espagnole a annoncé des poursuites pour « sédition » à l’encontre de l’Assemblée Nationale Catalane (80.000 encartés revendiqués) et de l’énorme réseau associatif Òmnium Cultural, deux des chevilles ouvrières du processus indépendantiste. Les comptes des deux organisations ont par ailleurs été gelés par les juges espagnols.

En vue du discours de Puigdemont, l’ANC appelle à une large mobilisation devant le Parlement, qui a pris connaissance, officiellement, ce matin, des résultats du référendum du dimanche 1er octobre. Mouvement étudiant, gauche syndicale et extrême gauche catalane répondront présents. Le Courant Révolutionnaire des Travailleur-se-s, organisation sœur du CCR dans l’Etat espagnol, appelle à rejoindre le rassemblement, en toute autonomie du catalanisme bourgeois, au nom du combat pour une République catalane, ouvrière et socialiste. Côté gauche réformiste, Ada Colau, mairesse de Barcelone, à l’instar de Pablo Iglesias, pour Podemos, et de l’ensemble de la gauche radicale espagnoliste, comme Izquierda Unida, ont quant à eux clairement pris position contre l’indépendance et pour l’ouverture de négociations qui font le jeu, en dernière instance, du régime post-franquiste né en 1978.

Madrid continue à être épaulé par le grand capital catalan qui poursuit son offensive contre le droit à l’autodétermination. Après les principales banques catalanes, comme Caixa ou Sabadel, 6 des 7 grands groupes catalans côtés à l’Ibex, le CAC 40 espagnol, ont annoncé la délocalisation de leur siège social de Barcelone à Madrid. Mardi, c’était au tour de Catalana Occidente, le n°2 des assurances au niveau européen, d’annoncer le transfert de son siège, pour renforcer ce « coup de force des marchés » contre le résultat du vote du dimanche 1er octobre. Reste enfin l’inconnue du positionnement des forces de répression madrilènes, Police Nationale et Garde civile, d’un côté, et Mossos d’esquadra, de l’autre. La police catalane a déjà annoncé la fermeture du Parc de la Citadelle, à proximité du Parlement, où devrait se tenir le grand rassemblement, mardi soir, pour des « motifs de sécurité ».

[Crédit photo : LID.es]




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