Jeunesse

"Est-ce une manifestation de CRS ?"

Manifestation jeunes. Scènes de guerre à République après une répression policière inouïe

Publié le 14 avril 2016

Les étudiants d’île-de-France sont descendus par milliers cet après-midi dans les rues de la capitale. Parti de Stalingrad, le cortège inter-fac se dirigeait alors vers Bastille par la place de la République quand, soudain, les CRS ont lancé trois ou quatre bombes lacrymogènes contre les manifestants. Une stratégie répressive qui visait la pure provocation. L’espace de quelques minutes, la place de la République était une véritable scène de guerre.

Correspondants

Tout se passait bien du côté des étudiants mobilisés entre Stalingrad et la place de la République. Mais, en chemin, des rumeurs couraient : il y aurait eu un risque de se faire nasser par les forces de police dès l’arrivée du cortège inter-fac à la place de la République. C’est en définitive beaucoup plus qu’un nassage qui attendait les manifestants là-bas. Et ce, alors même que le parcours de la manifestation jusqu’à Bastille avait été accepté par la préfecture de police elle-même !

Une fois arrivé à République, les CRS ont lancé des bombes lacrymogènes contre le cortège inter-fac dans un geste de pure provocation visant à dissoudre le cortège et à faire fuir les manifestants. Alors que ceux-ci ont tout fait pour rester groupés, d’autres bombes ont été lancées, suscitant un chaos au sein de la manifestation et la dispersion totale du cortège jeunes. Le gazage qui s’en est suivi a été d’une violence inouïe : des dizaines de lycéens et d’étudiants étaient asphyxiés et aveuglés par le gaz.

Selon une manifestante, il y avait autant de CRS que de manifestants. "On aurait dit qu’on se tenait la main avec eux." Une femme témoin de la scène lui a même demandé s’il ne s’agissait pas plutôt d’une manifestation de flics ! Maintenant que Valls a lâché du pognon à ses poulets, on ne risque plus de les voir descendre dans la rue que pour réprimer les travailleurs et les jeunes encore plus durement.

Car, aujourd’hui, le gouvernement et ses forces répressives franchissent un nouveau cap dans la répression du mouvement contre la loi travail après avoir fait semblant d’être plus conciliateur en début de semaine avec les mesures annoncées en direction de la jeunesse. Cet nouvel épisode s’inscrit dans la continuité directe de la répression exercée contre la jeunesse la semaine dernière, notamment avec l’interpellation de 130 lycéens lors d’une manifestation à Paris. Et il vise surtout à isoler les étudiants mobilisés en leur imposant un rapport de force à la veille des vacances qui soit définitivement défavorable à la reprise du mouvement à la rentrée.

Des centaines de manifestants jeunes restent tout de même groupés au coeur de la place de la République. Ils discutent de la riposte à apporter contre cette nouvelle agression répressive de la part du gouvernement.