Politique

Dans la Chambre y’a des députés…

Paris. Nuit debout devant le palais Bourbon

Publié le 12 mai 2016

Malgré la bruine et la répression policière, plus d’un millier de personnes se sont rassemblées devant l’Assemblée nationale à Paris à l’occasion de l’assemblée générale délocalisée de Nuit Debout. Pendant plus de deux heures de débat les participants ont abordé divers thèmes comme le 49.3 ou les violences policières. De nombreuses perspectives pour la suite du mouvement ont également été évoquées.

Correspondant

Après la manifestation parisienne contre la loi travail et son monde, qui a été une réussite malgré le contexte d’impréparation généralisée et de reflux dans la jeunesse, et une répression spectaculaire déployée par les forces de police avec l’objectif d’intimider les manifestants et de leur empêcher l’accès en bouclant entièrement le quartier, plus d’un millier de personnes ont réussi à se réunir devant les colonnes du Palais Bourbon pour l’assemblée générale de Nuit Debout. Parmi les présents, se retrouvaient des étudiants mobilisé-e-s d’Ile-de-France, des hospitaliers en colère de l’AP-HP, des participants à Nuit Debout Guadeloupe ou encore des militants du collectif Urgence Notre Police Assassine.

Plus de deux heures de discussion se sont enchaîné. Au cœur de la discussion, la brutalité autoritaire de l’usage du 49.3 par le gouvernement, un usage d’autant plus brutal et autoritaire qu’il intervient en plein mouvement social et à un moment où plus de 70 % de la population s’oppose à la loi travail. Dans les différentes prises de parole, la colère contre ce gouvernement illégitime, contre les députés et politiciens corrompus qui ne représentent qu’eux-mêmes, contre cette « démocratie » des patrons qui n’offre que la précarité, l’exploitation et la répression à la grande majorité de la population.

Un deuxième débat a également traversé l’assemblée générale, comme depuis le début du mouvement. Celui du rapport à la police. Malgré les coups de matraques, les contrôles et les fouilles, le gaz lacrymogène, certains continuent à entretenir des illusions selon lesquelles les manifestants pourraient encore s’adresser aux forces répressives en tant qu’individus afin de les convaincre de basculer du bon côté de la barricade... Mais, face aux expériences concrètes de la répression policière, un secteur grandissant du mouvement commence à répondre avec une grande lucidité sur le rôle joué par les CRS et les policiers depuis le début du mouvement en tant que bras armé du gouvernement et du patronat. A ce titre, le collectif Urgence Notre Police Assassine a fait une intervention salutaire pour expliquer ce qu’est la répression policière au quotidien dans les quartiers et pour appeler au blocage de tout Paris pour créer la jonction entre la capitale et la banlieue.

Les participants à l’assemblée générale ont également défini un plan de bataille pour la semaine prochaine. Celle-ci s’annonce déjà assez chaude avec des grèves dans différents secteurs comme chez les routiers, les cheminots ou encore les raffineurs, en plus des journées interpro. Une série de propositions d’action de solidarité avec les salariés, d’occupation ou de blocage ont été proposés. Ce plan a commencé à être mis en œuvre dès la fin de l’assemblée générale, de nombreux participants partant ensuite à l’occupation actuellement en cours de l’école des Beaux-Arts, à côté de l’Assemblée nationale...