Politique

Cassées !

Une partie des interdictions de manifester annulées par le tribunal administratif

Publié le 17 mai 2016

Cela avait été une première,la préfecture de police de Paris avait signifié à des personnes participant au mouvement contre la Loi Travail qu’elles étaient interdites de manifester ce mardi 17 mai. Le recours déposé par l’avocat d’une dizaine des personnes concernées au tribunal administratif a débouché sur la levée de cette mesure pour neuf d’entre elles, en plus du photographe du collectif ŒIL, NnoMan.

L’avocat ayant déposé le recours,Maître Raphaël Kempf explique que « ce qui est particulièrement grave et choquant, [c’est que] sont ces interdictions préventives qui sont uniquement basées sur des renseignements et pas sur des faits établis.Il s’agit d’un détournement de l’état d’urgence ».

Une victoire partielle contre l’arbitraire

Présent au tribunal administratif ce mardi 17 mai pour déposer les recours de ses clients, il se félicitait que celui-ci lui ai donné en partie raison : « Quatre de mes clients pourront aller manifester aujourd’hui et je m’en félicite. Cela signifie que le tribunal estime que la liberté de manifester est un droit fondamental ». D’autres personnes interdites de manifester attendent encore leur verdict et une seule des interdictions a été pour l’instant ratifiée.

Interdits d’accès … chez eux !

« Les arguments sur lesquels s’appuient ces ordonnances sont contestables puisque les arrêtés ont été pris à partir de notes blanches non signées par les services de renseignements », a souligné l’avocat des militants. Il signale également que six de ses clients se retrouvent dans la situation absurde d’être interdits d’accès aux quartiers où ils habitent.

« Faudra me crever les yeux ! »

Le photographe NnoMan, membre du collectif ŒIL se félicitait de son côté sur sa page Facebook que l’interdiction le concernant ait été levée : « L’arrêté m’interdisant de me rendre sur le trajet de la manifestation vient d’être annulé devant le tribunal administratif de Paris. Merci, vraiment, à toutes celles et ceux qui me soutiennent, qui ont aidés à mettre en lumière cette dérive sécuritaire et cette atteinte à la liberté de la presse (…) S’ils veulent m’empêcher de faire des photos ... Faudra me crever les yeux ! »