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Politique

Le retour en force du « nouveau monde »

Derrière l’offensive contre LFI, Macron fait oublier Benalla pour se refaire une santé !

Étonnamment, depuis plusieurs jours, plus un seul mot ne filtre dans les médias sur Macron. Désormais, le « feuilleton Mélenchon », et l’offensive politique, judiciaire et policière contre LFI semblent occuper les radars. Macron aurait-il trouvé le moyen pour faire oublier Benalla et se refaire une santé ? Une façon qui pourrait être pour le moins commode de faire oublier un remaniement laborieux, faire contre-feux, et maintenir le même degré d’offensive contre le monde du travail et la jeunesse.

Crédit photo : Sipa Presse

Après les perquisitions simultanées, les plaintes contre « violences » et « menaces » contre Mélenchon et La France Insoumise, le gouvernement, bien aidé par les grands médias, utilise désormais le moindre « épisode » pour lancer une offensive contre Mélenchon et LFI. Pendant ce temps, on pourrait presque en conclure que Macron et son gouvernement sont… blancs comme neige. Terminées les affaires Kohler, Benalla, les comptes de campagnes, les conflits d’intérêts. Alors même que le gouvernement était fortement affaibli, une façon, pour le moins, bien commode de passer à une autre séquence. Macron aurait-il trouvé la bonne « formule » ? C’est ce qu’exprime en quelque sortes, Cécile Cornudet, dans son dernier article à charge contre LFI intitulé « Sacré Mélenchon » : « En attendant, qui se souvient qu’Emmanuel Macron a raté son intervention télé ? ». Christophe Barbier, éditorialiste y était allé fort affirmant même que celle-ci a été « ratée » et « sépulcrale. »

Après cette nouvelle séquence, tous les médias en chœur lançaient leur campagne médiatique en ciblant Mélenchon. Le journal L’Opinion y va même très fort. Ainsi, un éditorialiste du journal patronal va même jusqu’à tracer un trait d’union entre Cahuzac, Fillon, Mélenchon et Pavageau, parlant de « Syndrome Cahuzac. », en écrivant : « Lorsque l’on entend représenter un peuple, une circonscription, des salariés, adopter un comportement opposé aux valeurs que l’on proclame, aux institutions que l’on incarne, est impardonnable. » C’est pour le moins commode, mais très grossier, pour se passer d’une analyse de fond. Est-ce une manière de mettre tout dans le même sac pour réhabiliter le « nouveau monde », en perte de vitesse, et renforcer le régime alors que Macron a fait son « méa-culpa » ?

De même Le Monde écrit dans son édito d’aujourd’hui : « Voilà un député, qui de plus est président de groupe, qui conteste violemment, entrave et veut discréditer une procédure judiciaire, certes spectaculaire et déplaisante pour les intéressés, mais, quoi qu’il en dise, parfaitement conforme aux règles de la procédure ». On croirait rêver. Après l’affaire Benalla, dans laquelle le journal a joué un rôle moteur, Le Monde semble plus que jamais retourner sa veste. Les contre-pouvoirs face à Macron monarque tant demandés ainsi que les gages ont-ils été donnés par Macron ?

Car on se demande où sont passées les affaires de Macron dans tout ça ! Il est en effet lui-même sous le coup d’une enquête préliminaire suite à une plainte déposée le 11 juin par des élus de droite dénonçant le rôle joué par la Ville et la Métropole de Lyon. On attend encore les perquisitions à son domicile ! Pourtant les preuves rapportées par Médiapart, suite au scandale de l’entreprise GL Events et « ses ristournes » accordée à Macron dans sa campagne, ne semblent en rien l’inquiéter. Fin février, déjà, la CNCCFP avait en effet conclu dans un rapport à des irrégularités dans le poste "donations" du compte du futur Président, le parquet de Paris n’avait alors pas donné suite. Ce deux-poids deux-mesures est pour le moins grotesque… L’on répond que Macron est président en exercice et qu’il ne peut être inquiété ! Certes, mais on se demande pourquoi LREM n’est-il pas perquisitionné ? Comment était-il si difficile d’ouvrir la porte du domicile de Benalla ?

Cette dernière perquisition, chez Benalla, n’a pas grande chose à voir avec celle qui a eu lieu chez Mélenchon. Comme le rapporte entre autres le journal Le Parisien, Benalla semblait plutôt détendu au cours de la perquisition : « Pouvez-vous nous dire où se trouvent cette armoire et ces armes ? », interroge le capitaine de la BRDP. « Aucune idée », réplique Benalla, « elle a dû être emmenée dans un lieu par une personne mais ce n’est pas moi qui me suis occupé de cela. »

En attendant, qui pour parler des contre-réformes de Macron ? Du « tous ensemble contre Macron » ? Le gouvernement et les chiens de gardes médiatiques voudraient-t-ils passer au « tous contre Mélenchon » ? Intimidation ou tournant plus avéré dans la restriction dans les droits démocratiques ? En attendant, le gouvernement, dont on a oublié qu’il est plus affaibli que jamais, utilise cette affaire comme contre-feu de la colère énorme qui germe du monde du travail et de la jeunesse qui n’a pas oublié que pour trouver du travail, il ne suffit pas de « traverser la rue ».




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