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Le capitalisme du XIX siècle c’est aujourd’hui

Des décombres de la guerre civile syrienne renaît le travail infantile

On connait le fléau des réfugiés provoqué par la guerre civile syrienne : près de la moitié de la population a été obligée de fuir, parfois vers l’étranger, parfois vers d’autres régions du pays. Mais on parle bien peu d’autres phénomènes tout autant dramatiques de la population syrienne, comme le retour du travail infantile.

La semaine dernière, le journal Al-Monitor, spécialisé dans le Moyen Orient, publiait un article pointant la montée du travail infantile dans les zones « libérées » en Syrie. En effet, au fur et à mesure que la situation dans certaines régions en Syrie semble retrouver une stabilisation partielle, même si la guerre continue, la vie quotidienne reprend doucement. Au milieu des ruines et de la destruction, des réfugiés retournent dans leurs villes, des commerces rouvrent.

Entre les ruines et la pauvreté ressurgissent également des fléaux comme le travail infantile. La guerre a fait des ravages et beaucoup d’adultes sont morts laissant des familles entières sans référent économique. C’est pour cela que beaucoup d’enfants sont en train de quitter l’école ou l’ont déjà quittée pour aller travailler et assurer la survie économique de leur famille.

Les journalistes d’Al-Monitor se sont rendus dans les villes d’al-Bab, Marea, Azaz and Jarablus, sous contrôle de l’Armée Libre Syrienne et ont constaté que des enfants de 7 à 17 ans étaient embauchés pour travailler dans tous type de magasins et de professions : depuis des magasins alimentaires et fast-foods jusqu’à des ateliers de couture, menuiseries, dans la réparation de voitures, entre autres. Les enfants travaillent en général au moins 12 heures par jour, six jours par semaine pour un salaire d’entre 40 et 60 dollars mensuel.

Un responsable d’une menuiserie où travaillent six enfants de moins de 15 ans a déclaré au journal : « [ces enfants] doivent prendre une grande responsabilité pour fournir les nécessités de base quotidiennement à leur famille et payer le loyer. Chaque enfant gagne 50 dollars par mois, et des enfants arrivent tous les jours me demandant du travail ».

C’est une situation de misère profonde où les enfants sont poussés et obligés d’aller gagner de l’argent pour subvenir aux besoins de leur famille. Cependant, des patrons tirent profit de cette situation. Comme c’est dit dans l’article : « les patrons emploient des enfants réfugiés, qui acceptent des bas salaires et de longues heures de travail car ils sont désespérés ».

Le travail infantile n’est pas seulement en train de se répandre parmi les couches les plus désespérées et pauvres en Syrie, elle fait des ravages également parmi les enfants syriens réfugiés dans les pays voisins comme le Liban. En août dernier le journal qatari Al Jazeera a publié un long reportage également sur le travail des enfants syriens au Liban, en parlant d’une « génération perdue ».

Dans ces pays d’accueil la situation matérielle des enfants réfugiés est très difficile et souvent ils sont la cible de racisme et d’exclusion. Les populations locales parfois craignent que l’arrivée des enfants réfugiés dégrade les conditions d’étude des enfants locaux et les écoliers réfugiés peuvent être victime de harcèlement. La misère et ces conditions difficiles d’accueil a pour résultat que seulement 50% des enfants en âge d’aller à l’école y sont inscrit et que pour une grande partie d’entre eux, ils ne seront plus à l’école à partir de 9 ou 10 ans.

En effet, l’abandon de l’école pour le travail et le poids de la responsabilité de devoir apporter l’argent nécessaire pour satisfaire les besoins familiaux peuvent avoir des conséquences psychiques et physiques très graves sur ces enfants travailleurs. Et cela sans compter la violence à laquelle ces enfants sont exposés.

Le retour du travail des enfants est effectivement une conséquence tout à fait logique pour un système basé sur l’exploitation et le profit maximum. Et quand ce système est en décomposition, les phénomènes de misère humaine sont également très décomposés. Au contraire des politiciens des capitalistes comme Angela Merkel qui vient d’annoncer une réduction du nombre de réfugiés accueillis sur le sol allemand pour solder une alliance de gouvernement, les travailleurs et les classes populaires de l’Europe devraient redoubler la solidarité avec le peuple syrien martyrisé.




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