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Politique

Des élections présidentielles encore moins démocratiques

Ce jeudi soir, l’Assemblée nationale a donc adopté le texte de loi modifiant l’organisation des élections présidentielles. Le texte prévoit notamment des changements à propos des parrainages ou de la répartition du temps de parole dans les médias entre les différents candidats. Déjà relative, la démocratie est donc en passe de devenir une formule.

Des transformations importantes
La loi, qui s’appliquera dès 2017 si elle est définitivement validée, modifie deux volets principaux des élections présidentielles. D’abord, la liste des 500 parrainages d’élus locaux nécessaires pour pouvoir se présenter deviendront publics. Cette récolte des parrainages est déjà un obstacle important pour les petites formations politiques qui veulent se présenter et demande bien souvent des efforts très importants. Or, beaucoup de maires donnent leur parrainage à de petites formations politiques par simple souci démocratique, sans rejoindre leurs idées. Désormais, ils réfléchiront à deux fois en sachant que leur nom deviendra associé à ces organisations.

Un deuxième volet de loi prévoit de réduire drastiquement l’égalité relative de temps de parole entre les différents candidats. La période d’égalité passerait de 5 à 2 semaines seulement avant les élections : un temps ridicule surtout lorsque l’on connait la collusion existante entre grands médias et hommes politiques influents, à l’image de la proximité entre Sarkozy et Bolloré, propriétaire de Canal + et de nombreux autres médias, ou encore de Hollande et de Pinault, propriétaire notamment du journal Le Point.

Enfin, la loi modifie également les procédures de remontée des parrainages, que les élus devront transmettre par eux-mêmes au Conseil constitutionnel, entrainant un effort supplémentaire pour ceux-ci et la fermeture plus précoce des bureaux de vote à 18H.

Face à la crise de régime, le retour à la dictature ?

Cette réforme va donc largement bénéficier aux formations politiques importantes, au premier titre desquelles le PS et Les Républicains, deux partis largement discrédités par les politiques au service du patronat qu’ils mènent depuis des décennies. Le gouvernement socialiste au pouvoir n’y fait pas d’ailleurs exception avec un président Hollande qui bat des records d’impopularité. Face à cette situation, la majorité socialiste au pouvoir a donc décidé d’employer les grands moyens.

Or, le fonctionnement des élections présidentielles est déjà très peu démocratique : ultra-personnalisation, accaparement des grands médias par quelques puissants, absence de proportionnelle et de prise en compte du vote blanc, limitation sévère du nombre de candidats par les parrainages, élus non révocables et grassement payés, … Cette réforme est un signe de plus que les classes dominantes au pouvoir ne se laisseront pas dégager si facilement, quitte à durcir le fonctionnement déjà peu démocratique de leurs élections. Si nous pouvons exiger la mise en place de règles plus démocratiques, il ne faut pas se faire d’illusion. Pour définitivement faire cesser ce régime présidentiel autoritaire, le bulletin de vote ne suffira pas : il nous faudra bel et bien descendre dans la rue pour demander des comptes à Hollande, candidat « ennemi de la finance » rapidement devenu président ami des grands patrons et du MEDEF au mépris de ses engagements.




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