Politique

Etat d’urgence, l’envers du décor

Des militants de Lutte Ouvrière empêchés de tracter par la police municipale de Creil

Publié le 26 novembre 2015

Leo Serge

Un pas décisif vient d’être franchi. Il s’agit d’un événement extrêmement grave où les droits démocratiques les plus élémentaires sont mis en danger.

Ce mercredi 25 novembre à Creil, dans l’Oise, la police municipale a interrompu le tractage d’une dizaine de militants de Lutte Ouvrière en campagne pour les Régionales devant la gare. C’est Le Parisien qui relaye l’information ici

La police municipale aurait demandé aux militants de décliner leurs identités, ce qu’ils ont refusé de faire. Sollicité par Le Parisien, le maire PS de la ville de Creil n’a pas pu être joint.

Cet événement extrêmement grave ne survient pas dans n’importe quel contexte. Que la police municipale ait agi de sa propre initiative ou sur ordre, cela signifie que les partis d’extrême-gauche sont désormais potentiellement interdits d’utiliser un droit pourtant constitutionnel et démocratique, celui de participer aux élections et de faire campagne.

Dans le contexte de l’état d’urgence qui suspend une partie considérable des droits démocratiques de la population, et notamment le droit de manifester, il s’agit d’un fait extrêmement préoccupant. Il témoigne du fait que la Vème République, loin d’être un refuge, un endroit sûr pour la « démocratie » est un régime depuis très longtemps traversé par des « coups d’état institutionnels ». Il démontre aussi que, loin de se limiter aux terroristes présumés, l’état d’urgence sert à réprimer et museler les libertés démocratiques de tous ceux qui contestent l’ordre existant.

Il s’agit de défendre les droits démocratiques, non seulement pour Lutte Ouvrière, mais pour toute l’extrême gauche et les militants combatifs des organisations syndicales et politiques. Car ces méthodes d’intimidation et de répression tentent de créer un précédent pour criminaliser toute activité politique qui conteste l’ordre dominant et visent à terme l’extrême gauche dans son ensemble. Le tournant liberticide s’approfondit. L’urgence d’une réponse des organisations du mouvement ouvrier aussi.

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