Société

Manifestation

Des papiers et un logement pour les familles victimes du RAID à Saint Denis !

Publié le 18 février 2016

Laura Varlet{}

A la question « qu’est-ce qu’on veut ? », c’est plus d’une centaine de manifestants qui scandaient « des papiers et un logement » en cette fin d’après-midi à Saint-Denis. Face au silence et au mépris des autorités, les habitants du 48 rue de la République ont manifesté dans les rues de la ville, accompagnés de leurs soutiens. Le 18 novembre dernier, un peu moins d’une semaine après les attentats du 13, ces familles habitant à Saint Denis ont été victimes de l’intervention du RAID. Trois mois après, certaines n’ont toujours pas été relogées.

Cet après-midi, une nouvelle manifestation des habitants du 48 rue de la République avait lieu dans les rues de Saint Denis. Des habitants de la ville, des parents d’élèves, des membres d’organisations et associations solidaires de la lutte des victimes de l’intervention du RAID ont manifesté pour faire entendre la colère des familles et les soutenir dans leurs revendications.

Aujourd’hui, trois mois après l’intervention, elles demandent encore à être reconnues comme victimes du terrorisme et à ce que l’Etat prenne en charge les réparations qui en découlent. Elles exigent également un logement stable et décent pour chaque habitant, ainsi que la régularisation de tous ceux qui n’ont pas de papiers. Comme témoignait Magid lors du meeting de jeudi 11 février à l’Université, le jour de l’assaut à Saint Denis contre les terroristes, les familles du 48 ont subi l’humiliation et le mépris de trop. Les membres des familles ont été obligés de se déshabiller face aux autres habitants pour « montrer » qu’ils ne cachaient pas d’explosifs, après avoir été confinés au sein de leurs appartements pendant des heures et des heures sans électricité et sans eau. Pendant plusieurs jours, ces familles ont dû rester dans un gymnase et certaines ne sont toujours pas relogée.

Des étudiants et enseignants de l’Université Paris 8 ont également été présents à la manifestation. En effet, des liens se sont noués lors de ce meeting entre les habitants du 48 et les membres du collectif local Stop état d’urgence. Collectif où plus de 120 personnes ont pu se retrouver et discuter sur les origines de l’état d’urgence et des moyens de s’organiser afin de le combattre.

Ces liens qui se nouent ont besoin d’être renforcés parce que la lutte ne fait que commencer. La prochaine étape sera la préparation d’un grand meeting central de l’ensemble des universités de la Région Parisienne le 10 mars prochain, ainsi que la manifestation prévue pour le 12 mars. Il faudra descendre massivement dans la rue pour dire « STOP ! » à l’état d’urgence, pour les revendications des familles victimes du RAID à Saint Denis, pour les 8 des Goodyear et pour tous ceux et celles qui entendent relever la tête face à la politique anti-sociale du gouvernement !