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Politique

Communiqué de la CGT Toyota

« Des policiers armés dans les ateliers ». Macron chez TOYOTA : l’envers du décor médiatique

Après l'immense écho rencontré sur les réseaux sociaux par la vidéo de la scène grotesque montrant les ouvriers militants CGT de Toyota Onnaing empêchés d'entrer à l'usine pendant la visite de Macron ce lundi, nous relayons le tract de la CGT Toyota racontant l'envers du décor d'une opération médiatique rondement menée.

Des policiers partout, armés jusqu’aux dents. Des bouchons énormes, des fouilles dans les voitures pour vérifier la présence… de chasubles CGT ?
Et puis aussi encore des fouilles à l’entrée de l’usine et des fouilles dans les ateliers. Des gorilles qui interdisent l’entrée des toilettes à l’assemblage et encore des
policiers armés dans les ateliers…

D’habitude, c’est toute une histoire quand on a le malheur d’arriver 1 minute en retard. Lundi, avec le foutoir provoqué par la venue de Macron, on s’est retrouvés des centaines à arriver avec beaucoup de retard au boulot, au point que la production en équipe d’après-midi n’a démarré qu’à partir de 15h au lieu de 14h.
Et en équipe du matin, on s’est retrouvés aussi très nombreux en retard chez
nous !

Les délégués CGT Toyota qui prenaient leur poste d’après-midi ont été interdits de rentrer dans l’usine avant le départ de Macron. Ceux d’équipe du matin interdits de rentrer chez eux après le boulot et tous ont été regroupés et retenus par des CRS qui les ont encerclés pendant 3 heures dans un coin du parking.
Et pendant tout ce temps, Macron et la direction de Toyota se sont offerts un coup de publicité gratuite, devant un parterre de journalistes, de politiciens locaux lèche- bottes et de « gentils » délégués…

Pour Macron et la direction de l’usine, il fallait rendre invisible toute contestation.

Avec tout ce cinéma, les bouchons, les retards et les fouilles, Macron a encore réussi à faire l’unanimité contre lui.
La moindre des choses, c’est que la direction de TMMF nous paye à tous les temps de retard, car c’est elle qui a organisé tout ce cirque !


Tract de la CGT Toyota, le 23 janvier 2018

Quand Toyota et Macron utilisent les salariés et les chômeurs pour s’offrir un coup de publicité gratuite

Ce qu’on sait tous à l’usine depuis 6 mois ou 1 an a fait l’actualité des médias et le Président de la République Macron en a même profité pour essayer de soigner son image.
Mais la réalité n’a pas changé.

Macron ne défendra jamais les intérêts des ouvriers et employés, ni des petits commerçants et petits agriculteurs, car c’est le Président des riches, des patrons et des banquiers.

Les 700 emplois promis par Toyota d’ici 2020, ou 2021 (une promesse publicitaire ?) ne sont qu’une goutte d’eau dans l’océan actuel des 6 millions de chômeurs dans le pays, dont autour de 400 000 dans le Nord Pas-de-Calais. Et combien seront des contrats intérimaires transformés en CDI ?
En plus, de grands groupes riches, comme PSA, continuent de supprimer des postes de travail sous la forme de Ruptures Conventionnelles Collectives, avec la bénédiction de Macron et de ses ordonnances !
Toute la politique de Macron et de son gouvernement ne fait qu’encourager le patronat à licencier, supprimer des emplois et aggraver l’exploitation dans les usines, les chantiers, les hôpitaux, partout…

Les 300 millions d’euros d’investissements annoncés par Toyota n’ont rien d’exceptionnels. Dans toutes les usines, Ford, GM, Renault ou PSA, il y a régulièrement des frais engagés pour transformer les lignes de production à chaque nouveau véhicule.
Et puis, si Toyota « investit pour l’avenir », ce n’est pas pour l’avenir des salariés, c’est pour l’avenir de ses profits.
Quand Toyota a délocalisé la production d’une usine du Japon vers Onnaing en 2000, ce n’était pas pour lutter contre le chômage dans le Valenciennois. C’était pour gagner des parts dans le marché automobile
européen, et ainsi augmenter ses profits. Et le chômage important dans le Nord a été utilisé par Toyota pour imposer des salaires plus faibles que chez Renault et PSA et des rythmes de travail plus rapides et plus éprouvants.

La direction de TMMF parle donc d’avenir devant les médias, mais aujourd’hui, TMMF supprime des postes de travail pour nous faire travailler encore plus vite, la direction vire ceux d’entre nous rendus inaptes par le rythme de travail imposé dans les ateliers, et rend le travail encore plus dur pour les intérimaires…
Et puis 300 millions d’euros, c’est seulement 7 jours de bénéfices pour le groupe Toyota… et avec les 358 jours de bénéfices qu’il reste dans l’année, il y aurait largement les moyens d’améliorer les conditions de travail et les salaires de tous les ouvriers et employés de Toyota dans le monde.

Alors combien y aura-t-il d’emplois réellement créés chez Toyota-Onnaing ? Quels seront les contrats de travail, des CDI à la sauce Macron ? Quels seront les horaires, la durée de la journée de travail, de la semaine ? Quels seront les salaires ?
C’est aujourd’hui qu’il faut embaucher tous les intérimaires en CDI. C’est aujourd’hui qu’il faut créer des postes de travail supplémentaires au lieu d’en supprimer. C’est aujourd’hui qu’il faudrait améliorer les conditions de travail, d’horaires, et garantir un emploi dans l’usine à toutes celles et ceux abimés par le travail sur les lignes de fabrication.
C’est aujourd’hui qu’on a tous besoin d’augmentations importantes de salaires !

Toyota a besoin de nous, de nos bras, de nos cerveaux, de notre savoir-faire... Une partie des superprofits de Toyota doit aller pour les salariés et leur famille. Ça, nous ne pourrons l’imposer que par le rapport de force collectif, en utilisant notre rôle essentiel dans la production.




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