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Société

Précarité et mépris de classe

Des ruées pour une promo de couches : de la pub gratuite aux dépens des clients

Après la promotion de Nutella, largement commentée par les médias, c’était le tour de Pampers ce mardi, dont le prix du paquet est passé de 23,95 à 7,18 euros. Il s’agit cette fois-ci d’un produit de première nécessité pour les familles avec enfants en bas âge.

Crédit photo : Shutterstock

Le faible pouvoir d’achat pousse à des comportements compulsifs pour joindre les deux bouts. Intermarché en tire profit, sans aucune considération pour les conditions de travail des employés, dépassés par les bousculades provoquées par ces promos.

La semaine dernière, la promotion de 70% sur le Nutella avait déjà provoqué de tensions dans plusieurs magasins. La Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes a commencé, d’ailleurs, à enquêter à ce sujet. Cela n’a pas empêché Intermarché de continuer son opération Les 4 semaines les moins chères de France, en proposant, ce mardi 30 janvier la même remise immédiate, cette fois-ci sur le café moulu et les couches Pampers Baby-Dry, à 7,18 euros au lieu de 23,95 euros. Ce qui peut permettre de faire des économies considérables aux familles qui essayent de profiter de ces promotions. Mais, à quel prix ?

« EN 30 SECONDES, IL N’Y AVAIT PLUS RIEN EN RAYON »

Au Mans, en 30 secondes, il n’y avait plus rien en rayon, explique un témoin au Maine Libre. La gérante d’un magasin en Moselle raconte au Républicain lorrain C’était l’horreur ! C’est devenu ingérable. Environ 250 personnes étaient présentes à l’ouverture spécialement pour acheter des couches. Des femmes se sont battues, nous avons été contraints d’appeler les forces de l’ordre. Le personnel était à bout.

Ces évènements démontrent à quel point il est important pour beaucoup de familles d’économiser seize euros sur un produit de première nécessité comme les couches, au point de s’exposer à des bousculades pour réussir à faire partie de ceux qui profiteront de la promotion. Les médias dominants crient au consumérisme des classes populaires peu cultivées. Ils n’en parlent pas de la sorte quand il s’agit de soldes ou de ventes privées dans les grands magasins réservés aux plus aisés. C’est plutôt la croissance de la précarité que ces évènements mettent en évidence qui devrait nous indigner.




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