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Répression syndicale au ministère de Pénicaud

Des syndicalistes du ministère du travail réprimés pour avoir aidé des sans-papiers

Le ministère du Travail a engagé des poursuites disciplinaires contre trois syndicalistes, deux de la CGT pour avoir aidé des travailleurs sans papiers, et une de Sud pour avoir parlé au micro de l’Humanité.fr. La répression syndicale monte d’un cran dans les services de la ministre Muriel Pénicaud.

Deux militants CGT du ministère ont reçu un blâme pour avoir aidé des travailleurs sans papiers. Ceux-ci ont participé à une action de solidarité en juillet, envahissant les locaux de la Direccte (Direction régionale des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l’emploi) d’Île-de-France, avec un collectif de sans papiers. Parmi les 150 personnes participant à l’action, une quarantaine de syndicalistes étaient présents en solidarité.

Thomas Dessalles, un des deux syndicalistes CGT raconte l’action à Médiapart « Nous sommes entrés dans les locaux, puis des travailleurs sans papiers sont montés dans les étages. Une délégation dont nous faisions partie a ensuite été reçue par la direction, et les autres membres de l’action ont attendu la fin des discussions dans l’auditorium du bâtiment  ». Il leur est reproché d’avoir aidé à introduire « des personnes extérieures à l’administration  » dans des locaux « sécurisés dans le cadre du “plan Vigipirate renforcé – alerte attentats” issu de l’état d’urgence  ». La CGT entame une procédure de contestation de la sanction. La deuxième syndicaliste CGT sanctionnée, Mornia Labssi, avait précédemment porté plainte contre la direction de l’inspection du travail des Hauts-de-Seine, dénonçant « un cumul de situations intolérables et de traitements différenciés injustifiés », « des brimades, des humiliations, des rumeurs fondées souvent sur des préjugés racistes  », rassemblant les témoignages de 7 autres de ses collègues. Pour elle, il n’y a pas de doute, « cette procédure disciplinaire est un nouvel élément qui constitue l’apogée de la discrimination multifactorielle qui me concerne  ».

Les cas de Mornia et Thomas sont loin d’être isolés. En effet la semaine dernière, c’était une inspectrice du travail syndicaliste chez Sud qui s’est vue suspendre, et qui risque actuellement la révocation. La raison ? Celle-ci a répondu au micro de l’Humanité.fr dans le cadre d’une journée de mobilisation contre les Ordonnances. Une utilisation de ses compétences en droit du travail qui n’a pas été sans irriter le ministère.

Selon le SNTEFP-CGT ( syndicat des travailleurs de l’État et de la formation professionnelle ), la répression syndicale s’aggrave durement au ministère « depuis quelques mois », ce que l’arrivée de Muriel Pénicaud n’a pas du arranger. Le syndicat dénonce dans un communiqué publié le 15 novembre que « l’administration du travail cherche tous les prétextes pour sanctionner les militants : usage illicite des mails, insubordination, interpellation inappropriée des instances représentatives et de l’encadrement, affichages abusifs ». Autre exemple rapporté par Médiapart : un courrier d’avertissement envoyé à un militant pour avoir participé à un débat sur la loi travail… en qualité de syndicaliste. Trois médias dont ce dernier avaient été également visés par la ministre en juin, qui a enclenché des poursuites judiciaires contre la diffusion dans la presse de documents relatifs à la Loi Travail XXL.

L’objectif est clair : museler les syndicalistes de l’inspection du Travail, qui peuvent jouer un rôle important dans la lutte contre les attaques du code du travail mises en œuvre par le gouvernement, ainsi que dans l’appui quotidien des salariés, notamment sans-papiers.




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