Politique

Il y a du beau monde au sein de l’équipe de campagne du F-Haine

Désordre au Front. Marine Le Pen entourée de repris de justice ?

Publié le 24 novembre 2016

Le nouveau QG de campagne du FN n’est pas juste situé dans les beaux quartiers. On peut y croiser du beau monde, également. Des gens qui fréquentent davantage les tribunaux que le commun des mortels.

Paul Tanguy

Fatiguée, sans doute, de ses démêlés avec la justice, avec d’anciens candidats condamnés pour trafic d’armes, les réseaux de financement pour le moins extravagants de Marine Le Pen à l’étranger et l’affaire des rémunérations des assistants du parti censés travailler à Bruxelles et épinglée, à nouveau, par l’OLAF, l’organisation anti-fraude de l’Union Européenne, Marine Le Pen a décidé de « faire le ménage » dans son « conseil stratégique », à savoir son équipe de campagne. Un ménage tout relatif, car les notions d’hygiène, à l’extrême droite, sont, somme toute, très relatives.

On retrouve tout le monde, dans ce « conseil stratégique », mis à part les plus infréquentables (du moins publiquement). C’est donc un bric-à-brac de toutes les tendances du FN qui s’y côtoie depuis les « dédiabolisateurs » à la Philippot jusqu’aux vieux frontistes à la Gollnisch, le deuxième œil de Jean-Marie Le Pen, toujours président d’honneur du parti, en passant par les ambitieux du Sud-est, à commencer par la nièce et petite-fille, Marion Maréchal-Le Pen et David Rachline, promu directeur de campagne.

Les plus sulfureux des amis de Marine Le Pen ont été priés de rester en retrait, à l’instar de l’ancien militant du GUD Frédéric Châtillon. Ce dernier a élu domicile à Rome, sans doute en hommage à « l’internationale noire » des années 1960-1970, lorsque l’ultra-droite de toute l’Europe était la bienvenue dans la capitale italienne où elle était nourrie, logée et blanchie aux frais des services secrets de la péninsule. Le Pen, semble-t-il, le consulte quotidiennement.

Reste les autres, maintenant. Les ronds-de-cuir du FN. Ils ont été intégrés à l’équipe de Marine Le Pen même s’ils traînent derrière eux un certain nombre de casseroles. Comme le souligne Le Canard Enchaîné dans sa dernière édition, trois d’entre eux sont particulièrement croustillants (si tant est que l’extrême droite est comestible). Il y a le trésorier du parti et tête de liste, dernièrement, en Ile-de-France. Le très roturier Wallerand de Saint-Just est poursuivi pour escroquerie et abus de confiance, alors que son collègue, vice-président du parti, François Jalkh, est accusé de recel d’abus de biens sociaux. Les deux auraient quelque peu dévié de la droite ligne du « tête haute et mains propres » pour financer la campagne de Marine en 2012. Mais la campagne 2017 est en de bonnes mains. Elle a été confiée à Axel Loustau. Sa spécialité, à lui, c’est la surfacturation. Chef du micro-parti de la fille Le Pen, Jeanne, il a été mis en examen pour escroquerie dans le cadre des législatives de 2012.

On comprend mieux l’utilisation du terme « stratégique ». Ce n’est pas simplement pour faire joli et moderne. Il s’agit bien de trouver une stratégie pour ne pas avoir à passer par la case prison...