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Notre classe

Mépris patronal ou comment volontairement mettre en danger les ouvriers

Deux doigts coupés, Soflog enfin condamnée

Lundi 20 février s'est déroulé au Havre le procès de la société Soflog. Spécialisée dans la logistique et le transport de marchandises, elle a pour client des entreprises aussi connues que Dassault, l’Armée de l’air, la SNCF et compte 50 établissements en France. Par le passé, elle a déjà été condamnée deux fois pour des affaires similaires : à savoir mise en danger de travailleurs. Elle est encore comparue mardi face à un de ses salariés qui a perdu deux doigts en 2013 dans un des ateliers de l'entreprise situé au Havre. Maryline Dujardin

Employé depuis plus de 36 ans, le travailleur qui se trouvait face à la société Soflog mardi, avait pour mission de placer des produits dans des boîtes de transport. Dans le cadre de ses fonctions il était amené se servir d’outils variés.

Suite à la réorganisation des machines dans l’atelier le 23 décembre 2013, la direction du site n’avait pas souhaité remettre sur le nouveau matériel les protections de sécurité et avait considéré comme une perte de temps de former ses employés aux nouvelles machines. Le résultat deux doigts de perdus pour un travailleur qui mettait mardi la société face à ses responsabilités. Le procès a aboutit à une amende de 15000 euros pour le groupe et une publication des faits dans le journal officiel. Dans un atelier bruyant où le quotidien est plus que pénible,les employés ont pu gouter au mépris patronal qui, ce jour-là, les a volontairement mis en danger. Il aura fallut attendre 4 ans pour condamner l’entreprise à une amende. Quand le travail dans un monde de profit va jusqu’à toucher notre intégrité physique il est plus que jamais temps d’en finir avec ce système qui fait perdre sa vie à la gagner.