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Monde

Orage à la Maison-Blanche

Deux ex-proches de Trump mis en cause, le président directement impliqué

Deux collaborateurs de Trump sont au cœur d’une tourmente judiciaire directement en lien avec la campagne du président états-uniens, dans laquelle ils avaient joué un rôle central. Tandis que Michael Cohen a acheté le silence de deux femmes qui auraient eu une liaison avec l’ex-candidat, Paul Manafort renforce les soupçons de collusion avec la Russie.

Crédits photo : AFP

Des relations extra-conjugales qui se transforment en crime fédéral

Dure semaine pour le président des États-Unis. Ce mardi, il s’est fait lâcher par son ancien avocat d’affaire, Michael Cohen, qui promettait il y a quelques années à ceux qui déplaisaient à Trump de les « attraper par le cou et ne pas lâcher prise tant que le problème ne sera pas réglé ». En effet celui que certains surnomment « le pitbull » vient de plaider coupable dans une histoire qui éclabousse directement son ex-employeur. Il a admis avoir acheté le silence de deux femmes lors de la campagne présidentielle de 2016, « en coordination avec et sur les instructions d’un candidat à un poste fédéral » – à savoir Donald Trump.

La raison de cette tentative « d’influencer l’élection » qui pourrait lui valoir plusieurs années de prison ? Faire taire Stephanie Clifford, actrice de films pornographiques, et Karen McDougal, ex-modèle de Playboy qui témoignent chacune avoir eu des relations sexuelles avec l’actuel président américain. Elles auraient perçu respectivement 130 000 et 150 000 dollars. Un versement qui n’apparaît évidemment pas dans les comptes de campagne, ce qui est considéré comme un crime fédéral.

Une situation plus que délicate pour Donald Trump, à propos de laquelle le sénateur Républicain de Caroline de Sud déclarait : « Chaque fois que votre avocat est reconnu coupable de quelque chose, ce n’est probablement pas une bonne journée ».

De la Maison-Blanche à la prison ?

Dans le même temps, un directeur de campagne de Trump a été condamné, lui portant lui aussi atteinte, bien que sans le vouloir. En effet, Paul Manafort, est directement impliqué dans l’affaire de l’ingérence russe dans la présidentielle états-unienne de 2016. Il avait dû démissionner lorsque ses rémunérations comme lobbyiste pour le compte de Viktor Ianoukovitch, l’ancien président d’Ukraine, avaient été révélées. Dans le cadre de son procès, où il risque jusqu’à 80 ans de prison, il vient d’être inculpé pour huit chefs d’accusation sur dix-huit, et notamment pour fraude.

Si Trump continue à marteler que Manafort est un « homme bien », il assure que son jugement ne le « concerne pas ». Pourtant, ce jugement rend désormais possible pour le procureur d’enquêter directement sur Donald Trump.

Ainsi, comme le titrait le Washington Post, l’étau se resserre autour du président américain, alors que deux de ses anciens proches collaborateurs viennent de tomber. Ces affaires internes entachent encore un peu plus l’assise de Trump, déjà réduite, qui tente de compenser par une politique extérieure particulièrement agressive mais qui, à certains égards, peut également se retourner contre lui. Elles font également le jeu de l’establishment américain, démocrate mais aussi républicain, dont les orientations sur les politiques intérieures comme extérieures divergent de celles de Trump et qui ont, depuis le début de l’élection de Trump exprimé publiquement leur hostilité à son égard signe d’une dissension manifeste au sein de la bourgeoisie américaine.




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