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Deux ouvriers décédés et des blessés suite à une explosion dans une usine à Dieppe

Samedi 17 février, en cours de matinée, une explosion gravissime a emporté des ouvriers à l’usine Saipol à Dieppe située dans le nord de la France ; on dénombre deux décès et plusieurs blessés au niveau des travailleurs.

L’entreprise située dans la zone portuaire de la ville de Dieppe, appartenant au groupe Avril, compte quarante ouvriers. Celle-ci embauche aussi des ouvriers en sous-traitance. Ainsi, sur les 11 salariés présents au moment de l’accident, deux des ouvriers décédés sont liés à l’entreprise de sous-traitance spécialisée dans la maintenance, la SNAD. Un technicien est blessé et les autres sont choqués par l’explosion ainsi que par les décès de leurs compagnons de travail. Une cellule psychologique a été ouverte pour prendre en charge la détresse psychologique suite à l’accident pour les ouvriers et leurs familles.

L’explosion a été entendue vers 10 heures 30 dans l’entreprise de production d’huile. S’en est suivi d’un incendie important qui était visible dans une grande partie de la ville. Ainsi par mesure de sécurité, un périmètre de 300 mètres a été établi autour de l’usine pour risque sanitaire et de pollution.

L’ancien maire de la ville, Sébastien Jumel précise dans le journal Le Monde : « l’usine de fabrication d’huile n’est pas classée Seveso mais elle est soumise à autorisation », alors que l’on connaît par ailleurs les dangers sanitaires d’une entreprise de production d’huile, nous pouvons nous poser la question de ce que comprend l’autorisation. Même si le danger n’est jamais écarté, les accidents dans les usines de production sont courants, entraînant décès ou séquelles à vie. La sécurité est trop souvent une variable dans les entreprises, fixée au strict minimum pour ne pas nuire aux profits. La vie humaine, animale ou l’environnement ne sont que des variables d’ajustement pour les dirigeants d’entreprises peu scrupuleux. Le groupe Avril informe que « toutes les procédures habituelles de prévention et de sécurité étaient conformes. » et se dédouane, alors qu’elle embauche des sous-traitants qui très souvent n’ont pas reçu la formation ou la qualification pour effectuer ces tâches dangereuses. Tout ceci pour extérioriser une masse salariale et réduire à minima ses coûts. Une paye minimale pour un emploi à haut risque qui a aujourd’hui coûté la vie à des techniciens.

Le procureur du TGI de Dieppe a par ailleurs lancé une procédure pour établir les responsabilités dans l’explosion.

Le député Sébastien Jumel, quant à lui, souhaite organiser une table ronde avec Bruno Le Maire et la préfecture suite à l’accident pour réfléchir aux conséquences de l’accident d’un point de vue social et sanitaire. Le ministre de l’agriculture et de l’alimentation, Stéphane Travert rapporte dans un communiqué « sa grande tristesse aux salariés et à la direction ». Il est toujours étonnant de voir que si le soutien des élus et du gouvernement arrive après un drame, ces questions vitales ne se posent toujours qu’en aval d’une situation dramatique.

Nous apportons notre soutien total aux familles des ouvriers décédés et aux ouvriers blessés et mutilés physiquement et psychologiquement par ce tragique accident. Leurs vies valent plus que le profit d’une minorité qui s’engraisse quotidiennement sur la force de travail des ouvriers.

Crédits photo : Paris-Normandie