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Les arrangements entre patrons n’arrangent pas les employés !

Dia. 47 employés sans salaire depuis 3 mois, un nouveau délai est accordé à leur patron !

Publié le 7 octobre 2016

Ils sont 47 employés, avec autour d’eux leurs familles, à ne plus être payés depuis près de trois mois. Sans travail, mais toujours sous contrat avec leur employeur, ils ne peuvent pas non plus prétendre au droit au chômage. Face à cela, la justice piétine, et n’offre pas de solution. Pire encore, la justice accord un nouveau délai à leur patron… À l’origine de la question, la vente d’un magasin Carrefour à un repreneur polonais, revente qui fait suite au rachat de Dia par Carrefour : l’autorité de la concurrence avait obligé Carrefour à céder une partie de ses magasins, au nom du droit des consommateurs. Mais visiblement pas ceux des travailleurs.

George Waters

Des salariés dans toujours plus de misère

L’affaire n’est pas nouvelle, et la situation était déjà, à la rentrée, dramatique. Lors de la vente de huit supermarchés Dia par Carrefour à un repreneur polonais, Gastt, ce dernier a matériellement fermé les magasins, prétextant que Carrefour n’avait pas respecté ses obligations de vente. Dans les faits, ce sont plus de 45 salariés qui sont sans paye depuis trois mois. Si un Cahuzac ou Georges Plassat (le PDG de Carrefour) ne risquent pas grand chose quand ils sont trois mois sans paye, la réalité des travailleurs de la grande distribution est tout autre. Trois mois sans salaire, c’est la misère assurée : même si le syndicat FO-FGTA, la fédération de la distribution, avait pu leur apporter une certaine aide, la situation de ces employés est dramatique et les témoignages de ce qui n’est plus de la précarité mais bien de la misère se multiplient. Certains employés n’ont plus de téléphone ni internet et ne peuvent pas se mettre au courant des avancées de l’affaire. Les paiements sont refusés par les banques, les cartes bleues bloquées et les chèques retirés, les plafonds de découvert sont atteints : certains salariés sont dans une situation plus que critique.

De fait, n’ayant pas été licenciés, ils ne peuvent pas prétendre au droit au chômage ou même rechercher de nouvel emploi : certains ont dû refuser des offres. En effet, démissionner serait aussi perdre toute chance de voir ces mois payés. Entre Charybde et Scylla, ils ont demandé la liquidation judiciaire de l’entreprise, afin de pouvoir a minima trouver un nouvel emploi. Le tribunal de commerce de Paris a cependant laissé une semaine au repreneur pour rattraper le coup, une semaine d’incertitude pour les salariés.

L’indécence toujours plus grande de Carrefour et du repreneur polonais, Gastt

Face à cette situation plus qu’urgente, on voit bien que le problème de Carrefour et de Gastt n’est pas de savoir quel est l’état de détresse de leurs employés. Carrefour avait vendu huit magasins, promettant la vente d’une quarantaine d’autres car il y était obligé par l’autorité de la concurrence. Gastt dit maintenant que le projet de rachat n’est pas valable car Carrefour tarde à vendre le reste des magasins. Finalement, au service de leur profit, ce sont les employés qui trinquent. Le repreneur a même réussi à ne pas payer, sur les trois mois, deux mois et demi de salaires, qui devraient être payés avec l’argent public par les régimes de garantie des salaires (AGS) : c’est 100 000 euros d’économisés pour un patron qui a visiblement fait une bonne affaire. Est-ce à lui de payer, ou aux contribuables ?

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