Monde

Fin de partie pour la gauche au Brésil ?

Dilma Rousseff. Le putsch en passe d’être validé par le Sénat.

Publié le 29 août 2016

La procédure de vote de destitution de Dilma Rousseff par le Sénat a débuté jeudi 25 août dernier. L’issue est fixée mardi. Deux tiers des votes sont requis pour que le coup d’État institutionnel soit validé contre celle qui sera, selon toute probabilité, l’ancienne présidente de gauche.

Esquerda Diário, Sao Paulo

Le procès politique contre la présidente Dilma Rousseff a débuté ce jeudi au Sénat brésilien. Celui-ci devrait valider ou non sa suspension définitive – mais actuellement encore provisoire – de ses charges de présidente, qui a fait suite au coup d’état institutionnel impulsé par le parlement, la justice et l’actuel président provisoire, Michel Temer.

Dilma Rousseff a déjà entendu les principaux témoins et argumentaires pour sa destitution, et lundi prochain, elle se présentera aux 81 sénateurs pour assurer sa défense. Alors que, jusqu’au dernier moment, le Parti des Travailleurs (formation dont est issue la présidente suspendue) a eu comme principale stratégie la négociation des votes nécessaires pour bloquer la procédure d’impeachment dans les couloirs du parlement, l’opposition a annoncé être assurée d’obtenir les 54 voix nécessaires pour la destituer.

Le vote final est prévu dans la nuit du mardi 30 août, voire au petit matin du mercredi 31. Si elle était rendue coupable, Dilma Rousseff serait définitivement écartée de ses charges et son remplacement par le vice-président, Michel Temer – actuellement président provisoire – jusqu’à la fin de son mandat en 2018, confirmé. Si le contraire devait advenir, Dilma Rousseff réintégrerait sa fonction pour terminer son mandat présidentiel.

Selon un sondage d’opinion publié jeudi dernier dans le journal O GLobo, 51 sénateurs prévoient de voter pour la destitution de la présidente, tandis que 19 comptent la soutenir et 11 restent indécis.

Le gouvernement Temer a tenu plusieurs réunions de dernières minutes avec les sénateurs et les partis politiques pour renforcer les votes contre Rousseff.

Roussef est accusée d’avoir utilisé le budget public sans l’approbation du Congrès et d’avoir manipulé les comptes du gouvernement pour cacher l’ampleur du déficit lors de la période précédent sa réélection en 2014. Un mécanisme pour lequel, selon sa défense, elle ne porte pas de responsabilité individuelle et qu’ont utilisé tous les gouvernements nationaux et fédéraux pour remplir les exigences budgétaires.

C’est dans ce contexte qu’a débuté au Sénat Fédéral le coup d’état institutionnel organisé par la droite, les chambres patronales, l’opposition néolibérale et une partie de la justice.

Au cours de ce processus, qui a débuté en mai dernier, le gouvernement intérimaire du putschiste Michel Temer a gagné une certaine stabilité alors que le Parti des Travailleurs ( PT) approfondit sa crise et son abattement interne face aux putschistes. Comme il a été systématiquement dénoncé dans les articles du site Esquerdia Diario (du réseau international d’information lié au site Révolution Permanente), « au lieu d’organiser les travailleurs et les secteurs populaires de la base à travers la centrale syndicale qu’est la CUT et les mouvements sociaux, le PT a préféré passer des accords avec la droite comme a pu le faire l’ex-président Lula. Le PT s’adapte aux méthodes de la droite de gouvernement, en proposant de passer une alliance avec celle-ci et de faire des accords avec les grandes entreprises et les banques pour maintenir son pouvoir. »


Trad. NK