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Politique

La matraque leste des électeurs de Marine

Dimanche soir, les flics ont cogné contre les manifestant-e-s anti-FN

Les flics ont été particulièrement violents au regard des petites manifs anti-FN qui ont sillonné les rues de quelques villes au soir du premier tour. Un avant-goût de ce à quoi il faut s’attendre ?

Photo : AFP/ALAIN JOCARD

Les rendez-vous faisaient le tour des réseaux sociaux depuis plusieurs jours parfois même si certains rassemblements ont pu être davantage spontanés. Aucun n’a eu la même ampleur, cependant, que les rassemblements massifs du 21 avril 2002, lorsque la jeunesse scandait « Le Pen à la Seine, Chirac en prison », avant que le mouvement ne soit récupéré et ne se transforme en un marchepied du « Front Républicain » et du vote pro-Chirac, lors du Premier mai de l’entre-deux-tours 2002, notamment.

Dimanche soir, ce sont néanmoins plusieurs centaines qui ont manifesté dans les rues de Paris, de Rennes, de Nantes ou encore de Tours, pour dire qu’ils n’étaient « ni Macron, ni Le Pen ». A Rennes, fidèle à son habitude depuis les manifs contre la Loi Travail, la préfecture avait interdit tout regroupement, ce qui n’a pas empêché un rassemblement, Place Sainte-Anne, suivi d’une manif, dispersée peu après 20h.

C’est le sort qu’ont connu les autres manifs, avec des scènes de grande violence de la part des forces de répression, comme à Paris, où la police, en civil et sans brassard, a pu faire usage de falshball contre les manifestants. Sans que les chiffres ne soient concordants, ce sont plus de 200 manifestants qui ont été embarqués dans les villes ayant connu des manifestations, la plupart étant relâchée après un contrôle d’identité. Mais au cours des charges, la police de Hollande, bientôt aux ordres de Macron, s’est montrée particulièrement agressive et violente pour faire respecter le score du premier tour. Compte-tenu du poids du vote Le Pen chez les flics, on ne saurait s’étonner d’un tel zèle.

Plusieurs appels d’organisation de jeunesse, notamment, ont été lancés pour les prochains jours, certains se plaçant ouvertement sur le terrain du vote républicain et du soutien à Macron alors que d’autres se veulent l’expression de notre rejet de ce second tour complémentaire entre la pitre ennemie de notre camp social et le meilleur ami des patrons et de la banque.

Pour ne pas s’isoler mais pour ne faire le jeu, non plus, d’aucun courant qui souhaiterait récupérer un vote pour Macron, il nous faut nous mobiliser en vue du Premier mai pour constituer, dans les cortèges, les blocs d’indépendance de classe, pour l’abstention politique et pour préparer les combats, les plus solides possibles. Cette perspective, il nous faut la construire avec l’ensemble des secteurs qui refusent la fausse alternative Macron-Le Pen, à commencer par l’extrême gauche politique, organisée ou autonome, la France Insoumise, mais également l’ensemble des UL, des UD et des équipes syndicales qui refuseront de tomber dans le panneau du Front républicain.




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