Politique

Les blocages du Havre font des émules

Le Havre et Rouen paralysés. 50.000 manifestants pour une mobilisation massive en Normandie

Publié le 31 mars 2016

Contre la loi Travail, ce 31 mars, la mobilisation au Havre depuis 4 semaines a fait des émules. Dans toute la Normandie, ce ne sont pas moins de 50 000 manifestants qui ont défilé pour exiger le retrait de la loi Travail. Rouen, avec 25 000 salariés, étudiants et lycéens entre de pleins pieds dans la mobilisation. 8000 au Tréport et 3000 à Dieppe. Au Havre, le nombre de manifestants a quasiment doublé avec près de 15 000 salariés, étudiants, et lycéens dans la rue, validant la stratégie de massification, entreprise depuis le début du mouvement. La Normandie est résolument entrée massivement en résistance contre la loi Travail.

Correspondants

Depuis 6h du matin, le Havre, Rouen et le pont de Normandie, sont totalement paralysés. En prélude à la mobilisation contre la loi Travail, des centaines de grévistes, dockers et ouvriers portuaires, bloquaient les accès de deux des villes les plus importantes de Normandie. Plusieurs dizaines de milliers de manifestants, étudiants, lycéens et salariés, se sont mobilisés dans les rues d’une vingtaine de villes en Normandie.

Le Havre totalement paralysé

Au Havre, selon la CGT, plus de 1 500 salariés du deuxième port français, ont mis en place une dizaine de points de blocage aux différentes entrées de la ville et de la zone industrielle et portuaire, certains étant même improvisés. A l’instar du 24 mars, ou près de 2 000 dockers du Havre, avaient réussi la jonction avec le mouvement étudiant, ces derniers se sont de nouveau mobilisés en masse.

Après 4 semaines de mobilisations contre la loi Travail, l’organisation des blocages se peaufine et les axes névralgiques de la ville sont de nouveau ciblés, la Rocade Nord, à l’intersection de la D147, près des locaux de l’entreprise Sidel, Rouelles, ou encore le Stade Océane, boulevard de Leningrad, le Carrefour de la Brèque, rond-point névralgique à la sortie du Havre et d’Harfleur. Les barrages ont été levés vers 10h pour défiler vers 10h30, pour se retrouver « tous ensemble » à 12h à l’Hôtel de Ville.

Les blocages du Havre font des émules. Rouen, le Pont de Normandie bloqués

A Rouen, dockers et ouvriers portuaires sont aussi à la manœuvre, paralysant le grand pont Flaubert, un axe nord-sud important de la ville, et le point Guillaume le Conquérant entièrement bloqués. La circulation depuis Roumare jusqu’à Rouen, sur l’A150 est extrêmement difficile. La mobilisation est très massive à Rouen, de même que les forces de police, prêt à réprimer les manifestants. Une compagnie de CRS a été mobilisée, ce jeudi 31 mars 2016, en plus des effectifs « habituels ».
Le blocage le plus spectaculaire est celui du pont de Normandie, un important axe routier et autoroutier est-ouest qui enjambe l’estuaire de la Seine. Plus de 600 manifestants occupent depuis 6h du matin le rond-point avant le péage, rendant la circulation quasiment impossible.

A l’instar, des manifestations routinières en « saute-mouton », et du calendrier instauré par les directions syndicales, au Havre, la stratégie du blocage total de la ville par les grévistes avant de partir en manifestation est en train de faire des émules. En bloquant, les salariés, témoignent non seulement de leur combativité et de leur rejet total de cette loi Travail, mais aussi de la conscience qu’ils ont de la nécessité de construire un rapport de force, qui soit à la fois, économique par la grève et le blocage de l’économie mais aussi démonstratif. Pour preuve, c’est toute la Normandie qui s’affiche aujourd’hui résolument et massivement pour le retrait total, ni amendable, ni négociable de la loi Travail.

Actualisé le 31/03/16 à 14h