Politique

Un seul mot d’ordre, « retrait ! »

Rennes. A nouveau dans la rue contre la Loi Travail

Publié le 15 septembre 2016

En dépit des provocations policières et d’un changement de parcours de la CGT et de FO qui a surpris plus d’un-e manifestant-e, ce sont 3000 personnes qui sont à nouveau descendues dans les rues de Rennes, ce jeudi, contre la Loi Travail et son monde, bien déterminées à continuer le combat.

Correspondants

Le rendez-vous était fixé, comme à l’habitude, sur l’esplanade Charles de Gaulle, en fin de matinée. Bloquée depuis le matin, la fac de Rennes 2 a fourni une partie des contingents de manifestants, mais les étudiants du campus de Villejean ont tout de même été nassés par les CRS aux alentours de l’esplanade au moment où ils comptaient rejoindre la mobilisation. Deux d’entre eux ont été interpellés alors que d’autres se faisaient matraquer, certains ayant même fini à terre, traînés par la police, les agents traitant les étudiantes de « sales putes » pendant le face-à-face qui a duré plusieurs minutes. Parallèlement, et ce durant toute la manifestation, les provocations policières, liées à l’énorme déploiement de forces de répression, n’ont pas cessé, alors qu’un hélicoptère en vol stationnaire a suivi la manifestation jusqu’à 15h.

Parti peu avant midi, le cortège syndical, précédé d’un carré de tête jeune, a pris le boulevard de la Liberté. C’est à la surprise générale que FO et la CGT a décidé, à ce moment-là, de se diriger vers la Place de Bretagne à partir de l’avenue de janvier « selon le parcours prédéfini et déposé en Préfecture », selon les directions syndicales, à la différence du parcours habituellement emprunté.

Le cortège étudiant et combatif a alors remonté l’avenue de Janvier en direction des quais. Gros de plusieurs centaines de manifestants, nombreux étaient les camarades qui manifestaient masqués, en solidarité avec les camarades interdits de manifestation par la Préfecture d’Ile-et-Villaine et qui avaient choisi de braver cet énième décret liberticide en défilant le visage dissimulé.

Les deux cortèges ont convergé par la suite au niveau de la place de Bretagne puis aux alentours de République. De retour sur l’esplanade Charles de Gaulle, peu après 13h, les syndicats ont donné immédiatement la consigne de la dispersion immédiate alors que le cortège jeunes, de même que Solidaires, restaient sur place. Encadrées par des centaines de CRS et de policiers de la BAC, mobiles, qui cherchaient, sans succès, à interpeller les militants interdits de manifester présents sur place, plusieurs centaines de personnes ont tenté de parcourir le même chemin que le matin, une seconde fois, comme cela se fait à Rennes, mais ont été stoppées net par l’important dispositif de forces de répression, forcées de refluer vers l’esplanade.

Malgré la propagande des élus socialistes de la majorité municipale sur les « risques graves de débordement et de casse » destinée à dissuader les manifestants de défiler, attestant de la volonté des équipes syndicales combatives, des étudiants de Rennes 2 mobilisés, de ne pas cesser la bataille, la mobilisation de jeudi, à Rennes, montre que nous sommes nombreux et nombreuses à ne pas avoir déposé les armes. « Retrait ! Retrait, de la Loi Travail ! », de même que les slogans contre la BAC et la police ont été scandés avec la même force qu’au printemps dernier dans les rues de la capitale bretonne. Dans ce cadre et alors qu’au niveau national, FO et certains dans l’Intersyndicale proposent de poursuivre le bras-de-fer sur le plan judiciaire, un rendez-vous interpro rennais a été fixé dimanche, à 16h, au Parc du Thabor, alors que les étudiants devraient se réunir à Rennes 2, en AG, mardi, à midi.