Politique

« État d’urgence, état policier, on ne nous empêchera pas de rejoindre les routiers »

Rennes. Tentative de jonction routiers-manifestants sur la rocade Sud repoussée par les flics

Publié le 17 mai 2016

En milieu d’après-midi, après le cortège intersyndical de la journée, plusieurs centaines de manifestants, militants, jeunes et syndicalistes, ont voulu se solidariser avec les routiers en lutte sur la rocade Sud de la capitale bretonne. Les flics ont réussi à les en empêcher, mais de nouvelles actions sont prévues.

Correspondant

La manifestation syndicale d’aujourd’hui est loin d’avoir rassemblé autant de monde que lors des précédentes journées d’action. La faute aux violences policières qui auront finalement joué leur rôle dissuasif ? Sans doute. Les manifestants étaient, néanmoins, toujours aussi déterminés, avec l’objectif de construire, en cette semaine décisive, la convergence des luttes.

Le centre de gravité de la journée ne s’est pas situé en tête de cortège, que plusieurs dizaines de jeunes militants ont voulu prendre, dépassés à nouveau peu après midi par le SO de l’Intersyndicale. Ce qui s’est joué, après que l’ordre de dispersion du cortège officiel a été donné, s’est révélé beaucoup plus intéressant. De retour sur l’esplanade Charles de Gaulle, point de départ de la manif, le débat n’a pas porté, comme lors des précédentes manif, sur la nécessité de rejoindre, coûte-que-coûte, le centre-ville, barricadé par les flics, mais de faire la jonction avec les routiers en lutte, la rocade rennaise étant déjà bouchée sur 5 km.

Près d’un demi-millier de manifestants, des syndicalistes, des militants et des jeunes sont alors partis en manifestation sauvage en direction du Centre Commercial de l’Alma, dans le Sud de l’agglomération, pour rejoindre les routiers. Escortés de près par plusieurs escouades de gendarmes mobiles et de CRS, survolés en permanence par un hélicoptère alors que les flics demandaient l’intervention du canon à eau, les manifestants ont finalement été bloqués entre le centre commercial et les talus de la rocade.

La convergence est concrètement à l’ordre du jour, à Rennes, et le discours de la maire socialiste sur les « casseurs », qui motiveraient l’intervention systématique des forces de répression, montre son vrai visage : c’est contre les militants de la grève et contre la Loi Travail que sont tournées les matraques du gouvernement.
Manuel Valls, menaçant, interpellé par Nathalie Appéré, a martelé que « face à des individus casqués ou cagoulés, chaque mot, chaque acte doit trouver une action des forces de l’ordre ». Face aux individus casqués en uniforme et à leurs donneurs d’ordre, Rennes a répondu, aujourd’hui, par la convergence. La jonction n’a pas pu se faire cette après-midi, mais ce n’est que partie remise. Les UL rennaises qui parlent de la nécessité de mettre en place des blocages « réfléchis et organisés » qui seraient « en cours de discussion » devraient entendre, dès à présent, les exigences de la rue et de leur base telles qu’elles ont été portées aujourd’hui en manif sauvage.