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Monde

L'extrême-droite au pouvoir à Rome

Discours homophobe, patriarcal et anti-avortement du nouveau ministre italien de la Famille

A peine arrivé au pouvoir suite à son alliance avec le mouvement populiste 5 étoiles, voilà que la Ligue fait parler d'elle. Après Matteo Salvini, ministre de l'Intérieur, qui appelle les migrants à « faire les valises », résonnent les propos non moins polémiques de Lorenzo Fontana, nouveau ministre de la Famille, sur les couples homosexuels et sur l'avortement.

Crédits photo : REUTERS/Alessandro Bianchi

Les propos sont sans nuance et d’une rare violence depuis que la parole d’extrême-droite se déchaîne en Italie suite à l’arrivée au pouvoir de la coalition entre la Ligue et le mouvement 5 étoiles. Après Matteo Salvini et son appel aux migrants à « faire les valises », c’est au tour de Lorenzo Fontana, également membre de la Ligue et catholique intégriste revendiqué, de déployer toute l’intolérance et la violence dont est capable l’extrême-droite.

Lors de son arrivée au palais du Quirinal vendredi soir dernier, avec sa femme et sa fille, il s’est lancé dans une diatribe homophobe et une défense de la « famille naturelle », celle « où un enfant doit avoir un père et une mère ». Des propos qui font écho, bien évidemment, à ceux des leaders et militants de « La Manif pour tous » en France.

Selon Fontana, ce modèle familial est attaqué, notamment depuis que l’Union Civile (sorte de PACS à l’italienne) entre personnes de même sexe a été inscrite dans la loi en 2016 en Italie. Dans son délire, il va même jusqu’à affirmer que « les homosexuels veulent nous dominer et effacer notre peuple ». En une seule phrase, il parvient à condenser tout le délire d’extrême-droite sur les prétendues volontés des homosexuels et l’affirmation identitaire réactionnaire dont la Ligue est porteuse depuis ses origines. Ces propos ne constituent en rien un dérapage puisque le lendemain, il récidivait dans le Corriere della Sera en affirmant que : « Les familles arc-en-ciel n’existent pas dans la loi italienne ».

Mais Lorenzo Fontana n’en reste pas là. Il déploie également ses intentions politiques réactionnaires en direction des femmes. Proche des milieux catholiques intégristes, il entend s’en prendre à l’avortement, cheval de bataille de l’extrême-droite qui fait du combat pour la vie l’étendard de sa politique.

Sans pouvoir remettre en cause le droit à l’avortement, il compte toutefois renforcer les organismes qui « tentent de dissuader les femmes d’avorter ». Pour rendre plus noble son engagement, il se justifie en soulignant que « l’avortement est la première cause de féminicide au monde ».

Cependant, il oublie de mentionner que si l’avortement tue c’est justement à cause des Lorenzo Fontana qui interdisent aux femmes du monde entier de pouvoir accéder à des soins gratuits et pris en charge par l’hôpital public, et qui sont donc réduites à devoir avorter illégalement et au péril de leur vie. On voit une fois de plus que l’extrême-droite ne se préoccupe des femmes et ne parle de « féminicide » que lorsque cela arrange sa vision rétrograde de leur place dans la société.




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