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Dispositif policier reconduit ce samedi : le gouvernement persiste et signe dans la stratégie de la peur

Alors que ce samedi 15 décembre marque la cinquième journée de manifestation des gilets jaunes, le gouvernement s’inscrit dans sa dynamique répressive en reconduisant le dispositif policier exceptionnel mis en place la semaine dernière pour mater la colère sociale grandissante. Dispositif qui a, en l’espace d’une journée, fait 1052 blessés. Un bilan qui ne semble pas déranger Philippe et Castaner.

Alors que le gouvernement a fait plus de victimes en l’espace de quatre semaines que pendant les trois mois de mobilisation contre la Loi Travail en 2016, Castaner continue sur sa lancée ultra répressive pour tenter de dissuader les masses de venir manifester samedi. Ce sont donc comme le 8 décembre dernier 89 000 CRS qui seront déployés sur tout le territoire, dont 8 000 à Paris. Les 14 blindés sont de nouveau de sortie dans la capitale, ce qui ne risque pas de faire décroitre le nombre de blessés graves lorsqu’on sait que chaque engin militaire est capable de projeter sur 4 hectares l’équivalent de 200 grenades lacrymogènes d’un coup. C’est d’ailleurs épaulé du colonel Richard Carminache, spécialiste du maintien de l’ordre à la gendarmerie nationale, que le préfet de Paris compte utiliser ces armes de guerre pour mater les gilets jaunes.

La répression qui s’abat sur le mouvement est inédite. Si le gouvernement admet avoir provoqué la mort d’une personne et emmené plus d’un millier d’autre à l’hôpital, d’autres sources avancent un bilan beaucoup plus mortifère. Toujours est-il que les éborgnés, les mains arrachées, et les corps tabassés comme en témoignent nombre de vidéos sur les réseaux sociaux sont l’expression de la violence d’Etat qui s’abat sur le mouvement et que le gouvernement lui-même n’arrive plus à nier.

A côté des manifestants mutilés se trouvent les manifestants que l’Etat compte réduire au silence par le biais d’une répression judiciaire sans précédent. Depuis le début du mouvement, ce sont 3 300 personnes qui ont été arrêtées par la police, 2354 placées en garde à vue, et 1 200 déférées devant la Justice pour être condamnées à la pelle. Tout est bon pour éviter que le mouvement ne prenne de l’ampleur. Comme à chaque période de lutte des classes intenses, les tribunaux se transforment en chambres d’enregistrement des centres pénitenciers. Aux 48 heures de garde à vue traumatisantes s’ajoutent des condamnations qui vont désormais jusqu’à de la prison ferme pour certains gilets jaunes.

Le dernier élément qui indique la montée en puissance de la répression est le sort réservé aux journalistes dans les manifestations. En effet, bien qu’initialement les reporters des médias dominants présents dans les manifestations aient pour objectif de générer le rejet par l’opinion publique de la radicalité qui s’exprime chez les manifestants, ils sont aujourd’hui 24 à vouloir porter plainte pour violences policières, après avoir été visé expressément par les CRS par des tirs de flashball ou s’être fait confisquer le matériel de presse. Par ailleurs, la polémique que ces reporters ont initié dans la presse et leur positionnement politique à ce sujet témoignent aussi de la politisation éclaire que génère cette situation politique inédite.

Depuis quatre semaines, ce sont donc les CRS et les juges qui travaillent main dans la main pour mater l’explosion de colère que le gouvernement n’est plus capable de calmer par des moratoires sur les taxes et des discours jupitériens. Ce qu’il reste à Macron, c’est sa police. Mais si les autorités « se préparent au pire pour samedi » comme l’a annoncé le préfet Michel Delpuech, c’est que le mouvement des gilets jaunes a le potentiel de construire le meilleur.

Crédit photo : REUTEURS




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