Société

La loi Travail, c’est pour augmenter encore leurs profits

Dividendes et profits du CAC40 en hausse de 11%. Pour la jeunesse et les salariés, c’est la précarité pour tous !

Publié le 2 septembre 2016

On se rappelle tous du « ça va mieux » de Francois Hollande. Une phrase qui n’était d’ailleurs pas passée inaperçue pour une partie importante de la jeunesse et des salariés qui souffrent du chômage de masse et de la précarité. Il avait ensuite rectifié le tir en précisant que « ça va effectivement mieux pour la France, pas forcément pour tous les Français, j’en conviens ». En effet, pour certains, tout va vraiment bien. Selon un article, publié par les Echos, les profits des multinationales du CAC40 ont progressé de 11,1% par rapport à l’année dernière. De là à faire le lien entre la paupérisation des uns et l’accroissement des richesses pour d’autres, il n’y a qu’un pas.

Damien Bernard

En dépit de la crise économique ouverte depuis 2008, les profits des multinationales du CAC40 au premier semestre 2016 atteignent 42,3 milliards d’euros, soit 4 milliards de plus (+11,1%) par rapport à l’année dernière. Le temps est au beau fixe quasiment pour toutes les valeurs : « Sur 38 des valeurs du CAC 40, 37 ont réalisé des bénéfices » rapportent les Echos. Seule fausse note à signaler, le groupe Bouygues Télécom qui accuse une perte nette de 12 millions d’euros sur le début de l’année, tout en divisant par cinq ses pertes. Celle-ci est cependant bien moindre qu’en 2015, où elle s’élevait alors à 66 millions d’euros. Pour résoudre au plus vite cette perte, le groupe a d’ailleurs été le premier à supprimer les RTT pour l’ensemble de ses salariés.

Un autre chiffre est tombé la semaine d’avant. Parallèlement aux profits, cette année, la France a vu la progression des dividendes versés de +11,2 %. Une sacrée coïncidence. Voilà déjà trois ans que la France est le champion d’Europe des dividendes. C’est le pays qui en verse le plus. Les grandes entreprises françaises savent choyer leurs grands actionnaires, ce n’est pas forcément étonnant d’autant que les mêmes qui dirigent les entreprises, sont le plus souvent actionnaire de leur propre entreprise, ou de concurrente. Chez les dirigeants, dans l’adversité de la crise, on sait se serrer les coudes. Cette année encore, la France occupe la première place du podium, avec 35,35 milliards d’euros distribués au cours du deuxième trimestre pour les 1.200 plus importantes sociétés en termes de capitalisation boursière.

Pourtant, ça ne va pas mieux pour tous. Et c’est une des raisons pour lesquelles la jeunesse et le monde du travail, la loi travail a été le verre d’eau qui a fait déborder le vase. Pendant près de 4 mois de mobilisation, une avant-garde large et déterminée a lutté malgré l’adversité et la très forte répression du gouvernement et de sa police. Et ce n’est pas pour rien si la majorité de la population a soutenu le mouvement. Cette loi vise à remettre en cause une partie des acquis du mouvement ouvrier, le tout au service du MEDEF et des grandes entreprises, notamment celles du CAC40. Comme pour leur voisin allemand, ou anglais, la solution du gouvernement au chômage de masse, c’est la précarité pour tous, le tout au service du grand patronat français et de ses multinationales, qui même si elles ne font pas la majorité de leur profit en France, ont la nécessité de restructurer profondément le marché du travail. Pour leur infliger une première défaite, pour gagner cette bataille de classe qui s’annonce notamment avec la droite en 2017, il s’agit dès maintenant de commencer à construire le rapport de force et ce dès le 15 septembre pour l’abrogation de la loi travail, son monde, son chômage et sa précarité de masse !

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