Société

Comment le gouvernement traite une victime des attentats ?

Djamel, amputé après les attentats du 13 novembre, s’est vu refuser sa carte d’invalidité

Publié le 20 juillet 2016

Léo Serge

Djamel, huit mois après avoir été amputé à la jambe, à la suite des attentats du 13 novembre, n’avait toujours pas reçu sa carte d’invalidité. La Maison Départementale pour les handicapés de Seine-Saint-Denis (MDPH93), le département où il habite, lui a refusé deux fois le statut de personne handicapé, et l’État a été complice de ce mur administratif. Plutôt que d’aider Djamel, il a cherché à lui rendre la vie de fait impossible. Comment Djamel était-il sensé vivre ? Malgré les promesses qui lui étaient faites, il a du entamer une grève de la faim pour obtenir le statut d’invalide.

La réponse de la Secrétaire d’État chargée de l’aide aux victimes suite à la grève de la faim entamée par Djamel a été la suivante : « Je comprends que les démarches administratives sont extrêmement pénibles et je comprends aussi que ça leur cause du tracas. Nous mettons tout en œuvre pour leur éviter cela, l’administration doit être plus fluide, mais Rome ne s’est pas faite en un jour ? ». On vous laisse seul juge de cette réponse. Djamel vient seulement de recevoir sa carte, au mois de juillet 2016 !

Le pire c’est que le cas de Djamel est loin d’être isolé. Des articles dans les journaux se sont multipliés notamment autour du cas des familles des dessinateurs de Charlie. Mais pour les familles et les victimes les plus modestes ?

Alors que le dossier de Djamel aurait du être traité rapidement, avec efficacité et humanité, on a en réalité multiplié les obstacles. Mais est-ce vraiment étonnant de la part de ce gouvernement et de cet Etat ? Le chacun pour soi, la solidarité uniquement pour les riches et les puissants, des transferts d’argent des poches des pauvres vers les poches des riches, voilà la politique au jour le jour de ce gouvernement dans la parfaite continuité des gouvernements de droite. Un État qui traite ainsi ses citoyens ne mérite que d’imploser. Le mouvement ouvrier – comme la CGT Travail Santé Handicap a commencé à le faire - doit populariser ce traitement ignoble et assurer une solidarité concrète.