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Monde

Virage radical à quatre jours des élections de mi-mandat

Donald Trump affirme que l’armée pourra ouvrir le feu sur les caravanes de migrants

A quatre jours des élections de mi-mandat, décisives pour la suite de sa présidence, Donald Trump a décidé d'opérer un véritable virage à droite. Depuis plusieurs semaines, ses prises de parole se sont radicalisées sur plusieurs sujets, comme l'immigration. Une radicalisation qui a atteint son paroxysme ce jeudi, quand le président américain a déclaré qu'il était envisageable que l'armée ouvre le feu sur des migrants.

Photo : Flickr | Romain Thieriot.

Cela fait maintenant plusieurs semaines que des centaines de migrants – Honduriens pour la plupart – ont quitté leur pays pour fuir la misère et la violence. Depuis, malgré des conditions désastreuses, ils font route à travers le Mexique dans l’espoir de rallier les Etats-Unis, femmes et enfants à leurs côtés.

Alors qu’il avait déjà affiché sa fermeté, Donald Trump est cette fois-ci allé encore plus loin, ce jeudi. Alors que ce sont finalement pas moins de 15.000 soldats américains qui devraient être déployés le long de la frontière (!), il a affirmé que ces derniers auraient l’autorisation d’ouvrir le feu. Un porte-parole de la maison blanche a même évoqué « le droit inhérent à la légitime défense » que possède chaque membre de l’armée américaine.

« [Les migrants] veulent lancer des pierres sur notre armée, notre armée réplique. Nous allons considérer cela, et c’est ce que je leur ai dit, comme si c’était un fusil. » Ce sont les mots du président américain. C’est donc la vision de la légitime défense qu’a l’administration américaine : 15.000 soldats habilités à tirer à balles réelles sur quelques centaines de migrants armés de pierres, qui ne cherchent qu’à fuir leurs conditions déplorables de vie.

Dans quatre jours, c’est les midterms

Ce discours volontairement très provocateur est loin d’être anodin. Mardi, Donald Trump joue une grande partie de la suite de son mandat à la tête de la première puissance impérialiste. Un tiers du Sénat va notamment être renouvelé. Dans ce contexte, il multiplie les appels du pied à une base électorale qui l’a porté à la maison blanche voilà deux ans : majoritairement les classes moyennes et ouvrière blanches.

Cette énième sortie violente à l’encontre de populations migrantes se situe donc dans la lignée de ses dernières prises de parole. A commencer par sa volonté affichée de réformer le 14e amendement de la Constitution, qui établit le droit du sol dans le pays. Une décision qui serait contraire à la loi fondamentale des Etats-Unis – et donc a priori impossible en l’état – mais qui a l’immense mérite de lui attirer le soutien de pans entiers de la population.

Dans la foulée de ces déclarations, sont conseiller à la sécurité nationale, John Bolton, a annoncé la mise en place de sanctions à l’encontre du Venezuela, du Nicaragua et de Cuba, qualifiés de « troïka de la tyrannie ». Des sanctions qui visent en particulier le secteur de l’or. L’objectif : faire pression sur des pays et des systèmes politiques pointés du doigt. « La troïka de la tyrannie sur ce continent ne durera pas éternellement. Comme tous les régimes et les idéologies oppressifs, elle est vouée à disparaître », a-t-il poursuivi.

Autant de discours de la part de l’administration Trump qui visent à radicaliser la campagne contre les populations migrantes venues d’Amérique latine. Dans cette dernière ligne droite, Donald Trump a donc décidé de faire de la question migratoire un thème central de la campagne.




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