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Genres et Sexualités

« Les femmes décident »

Droit à l’avortement : pourquoi manifester le 28 septembre ?

Vendredi 28 septembre aura lieu la journée internationale pour le droit à l'avortement. De nombreuses femmes se battent encore pour obtenir ce droit, comme récemment en Argentine. En France, s'il est légalisé, il est pourtant loin d'être facile d'accès pour toutes et la situation tend à se dégrader notamment du fait des coupes budgétaires. Pour revendiquer le droit et l'accès à l'IVG en France et partout dans le monde, manifestons le 28 septembre.

Crédits photos M.A.F.I.A

Très récemment, le président du Syndicat National des Gynécologues et des Obstétriciens de France (SYNGOF) exprimait son « opinion » réactionnaire au sujet de l’Interruption Volontaire de Grossesse (IVG) : il refuse d’en pratiquer au nom de la « clause de conscience » et l’assimile à un homicide. Mais cette prise de position n’est que le reflet des nombreuses entraves qui sont faites aux femmes qui souhaitent avorter, et ce malgré le fait qu’en France l’IVG soit légalisée depuis 1975.

Cette « clause de conscience » qui permet à tout professionnel de la santé de refuser de pratiquer un avortement crée des situations où les femmes ne trouvent aucun professionnel disponible à proximité de chez elles. Et surtout, les politiques menées par les gouvernements successifs dans le domaine de la santé (baisse des budgets, fermeture de lits, réduction du personnel, etc.) compromettent sérieusement l’accès à l’avortement.

À cela s’ajoutent d’autres sources de difficultés, dont le coût d’un avortement. Il s’élève jusqu’à 300€ pour une IVG médicamenteuse, et à plus de 500€ pour une IVG chirurgicale. Si elles sont intégralement remboursées par l’Assurance maladie, toutes les femmes qui n’y ont pas accès - dont en premier lieu les migrantes - doivent payer de leur poche. Enfin, le délai est très court : 12 semaines en France contre 24 semaines en Angleterre ou aux Pays-Bas. Les femmes se voient souvent obligées de se rendre dans un autre pays pour avorter... si toutefois elles en ont les moyens !

On le voit, si l’IVG est légale en France, son accès est compromis par de nombreux facteurs qui touchent surtout les femmes les plus précaires : voilà une première raison de se mobiliser le 28 septembre.

Mais les luttes féministes sont internationales et de nombreuses femmes dans le monde luttent pour obtenir ce droit, encore interdit ou limité dans plusieurs pays et 47 000 femmes meurent chaque année des suites d’un avortement clandestin, soit une femme toutes les neuf minutes. Dans de nombreux pays d’Amérique latine, dont le Chili et le Brésil, des manifestations massives ont eu lieu ces derniers mois. En Europe, on peut penser également aux combats récents des femmes polonaises ou encore espagnoles. L’exemple le plus récent est la lutte des femmes argentines qui a entraîné des millions de personnes dans les rues. Le jeudi 9 août, le Sénat argentin a rejeté le projet de loi sur la légalisation de l’avortement ; mais il est certain que les femmes argentines continueront de lutter pour leur droits.

Les avancées en matière de droits des femmes sont très souvent le résultat de luttes acharnées de ces dernières. En France, si l’IVG a été légalisée, ce n’est qu’après plus d’une décennie de luttes féministes et de travail militant. Pour revendiquer le droit et l’accès à l’IVG en France et partout dans le monde, manifestons le 28 septembre.

Voici une liste des villes où sont prévues des mobilisations :

Paris, 28 septembre, 18h30, place de l’Opéra Bastille

Toulouse, 28 septembre, 17h30 au métro Saint Cyprien République

Clermont-Ferrand, 28 septembre, 18h, Place de Jaude

Montpellier, samedi 29 septembre, 14h, rendez-vous sur la Comédie,
et jeudi 27 septembre, à 19h, rendez-vous devant le Grand Hôtel du Midi pour protester contre la venue du président du Syndicat National des Gynécologues et des Obstétriciens de France (SYNGOF), pour défendre le droit à l’IVG et exiger la suppression de la clause de conscience.




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