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Genres et Sexualités

PMA pour toutes !

Droit à la PMA pour toutes les femmes renvoyé aux calendes grecques

C’était une promesse de Macron : ouvrir le droit à la PMA (Procréation médicalement assistée) aux couples lesbiens et aux femmes seules. Mais contrairement à la casse du code du travail et autres attaques faites à notre camp social, cette loi ne devrait pas voir le jour de si tôt.

Quand il s’agit de détruire le code du travail, de geler le point d’indice et rétablir le jour de carences des fonctionnaires, d’approfondir la sélection à l’université et autres attaques contre les travailleurs et la jeunesse, le gouvernement Macron n’a aucun scrupule et ne perd pas de temps. Pourtant, il est une mesure qui ne risque pas de passer par ordonnances : la PMA pour toutes.

Aujourd’hui, la procréation médicalement assistée (insémination artificielle ou fécondation in vitro) est réservée au traitement de l’infertilité chez les couples hétérosexuels. Et pour y avoir accès, il faut pouvoir prouver deux ans au moins de vie commune et une infertilité ou un risque de transmettre une maladie grave. Mais il y a quelques semaines, après plus de quatre ans de délibération, le Comité consultatif national d’éthique (CCNE) s’est prononcé pour l’ouverture de la PMA aux femmes seules et aux couples de femmes qui actuellement, de fait, n’y ont pas accès.

Alors qu’il s’agissait d’une promesse de campagne non tenue par Hollande durant son quinquennat, puis recyclée par Macron pour draguer un électorat plus large, les membres du gouvernement se montrent aujourd’hui très frileux quand il s’agit de la mettre en pratique. Ainsi, Marlène Schiappa, secrétaire d’État à l’égalité femmes-hommes déclarait sur LCI : « L’idée n’est pas de recrisper la société avec des débats comme ceux qu’on a pu connaître au moment du mariage pour tous, qui ont été peut-être longs, durs et crispants pour la société ». Une potentielle « crispation » dont ne s’embarrasse pourtant pas le gouvernement quand il s’agit de faire passer par ordonnances une loi travail XXL.

Et plus récemment encore, ce mardi 11 juillet, la ministre de la santé Agnès Buzyn a renvoyé la question aux calendes grecques. Elle expliquait sur France Inter, tout en refusant de donner sa propre opinion : « Nous allons voir quand il convient d’ouvrir ce sujet, sachant que fin 2018 nous devrons de façon systématique rouvrir les lois de bioéthique. Donc, il est probable que cette discussion aura lieu lors des états généraux de la bioéthique, qui se tiendront dans le courant de 2018. »

S’il est déjà important de noter que la mesure sera discutée dans le cadre des lois de bioéthique, alors qu’il s’agit avant tout d’une question d’égalité des droits, on peut également se demander ce qui a fait reculer le gouvernement. Car le calendrier semble donner l’avantage aux opposants réactionnaires, et c’est ce que souligne l’un des porte-paroles de SOS Homophobie : « Cela donne toute latitude à la Manif pour tous et aux mouvements conservateurs pour lever des fonds et s’organiser ». Mais est-ce si étonnant, quand on sait que plusieurs ministres du gouvernement Macron-Philippe sont des opposants notoires au mariage pour tous ?

Par ailleurs, Macron et ses sbires mènent de front un nombre impressionnant d’attaques envers la jeunesse et les travailleurs. L’exécutif marche sur une corde raide pour faire appliquer les mesures anti-sociales du patronat sans provoquer trop de remous, il leur a probablement paru judicieux de ne pas se mettre à dos les secteurs les plus conservateurs de la droite dans le même temps.

Ainsi, ce qui apparaît clairement au travers de la déclaration d’Agnès Buzyn et cette volte-face, c’est que le maigre vernis social que Macron avait donné à son programme électoral s’est définitivement effrité.




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