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Politique

Edito

Droit dans son costard, Fillon veut nous mettre la misère. Ne nous laissons pas faire !

Il y a des gens comme ça, qui n’ont honte de rien. Au lendemain de l’annonce de ses costumes à 13.000 euros, Fillon a « dévoilé » son « projet pour la France ». Il persiste et signe.

Plombé dans les sondages et à la peine pour se faire une place dans les médias autrement que pour ses frasques financières, Fillon a présenté, à nouveau, son programme. A part quelques éléments à la marge, il a confirmé ce qu’il avait présenté cet automne à la suite de sa victoire aux primaires et ce qu’il avait détaillé devant la « société civile » (lire, des militants du courant catho-traditionnalistes de Sens Commun venus faire la claque), le 4 mars, à Aubervilliers.

Au menu, c’est réaction sur toute la ligne.

Matraquage en règle

Au niveau économique, il prévoit de faire 100 milliards d’économie sur le budget. Cela passerait par une réduction drastique du rôle de l’Etat dans les services publics. Niveau fonctionnaires, ce seraient 500.000 qui seraient sur la sellette. Pour ce qui est du temps de travail, les 35 heures sauteraient dès son entrée en fonction. Pour la retraite, ce ne serait pas avant 65 ans. Au mieux.

Fillon n’oublie pas pour autant ses amis. L’ISF n’aurait plus lieu d’être. Côté police et armée, des investissements sont annoncés avec, à la clef, un renforcement du tout sécuritaire, pourtant déjà bien consolidé par Hollande.

Comme il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis, Fillon a tout de même rajouté une touche de « social » à son programme. On appréciera : une baisse des cotisations sociales salariales (c’est-à-dire un cadeau supplémentaire au patronat) sur les petits salaires de l’ordre d’un forfait de 350 euros par an et par salarié et une légère augmentation des toutes petites retraites. Au niveau de la TVA, même certains économistes qui lui sont proches l’ont convaincu de ne pas la relever de deux points, ce qui finirait de plomber la consommation et, donc, la croissance pour le Medef.

Pour son entourage, ce « projet pour la France » représenterait une façon pour « relancer la machine économique ». Il s’agit surtout de relancer, avec plus de vigueur encore qu’au cours des dernières années, la guerre de classe que nous livre le patronat. C’est une ligne de combat, ultra-libérale, que propose Fillon. Un matraquage en règle qu’il nous promet.

Rassembler le noyau dur

Plus encore après le rassemblement de tout ce que l’on peut faire de plus réac et de plus bourgeois au Trocadéro, dimanche 5 mars, Fillon veut conforter le noyau de son bloc social et électoral de droite dure. Tout ceci n’est pas pour plaire à tout le monde chez les barons Les républicains, qui craignent de se prendre un veste aux prochaines élections. Est-ce en cela qu’il y aurait eu fuite par rapport à l’affaire des costumes de Fillon qui viendrait de l’intérieur même de son camp, à savoir d’un secteur craignant qu’à trop vouloir dire qu’il va cogner, il finisse par s’isoler complètement ?

Une chose est sûre, ce que détaille Fillon, c’est le programme que souhaiterait voir appliquer une bonne partie du patronat. Raison de plus pour le prendre très au sérieux.

Face à nous, ils sont sans merci

C’est autant de raisons pour que le monde du travail, la jeunesse et les quartiers, puissent trouver également leur voix au sein de cette campagne et discuter de comment se préparer à résister.

Ce ne sont pas les motifs qui manquent. A la suite de la condamnation d’un gardien de la paix à cinq ans avec sursis pour le meurtre d’Amine Bentounsi, FO Police annonce des manifestations en solidarité avec le meurtrier. Ce lundi, l’Etat s’est à nouveau attaqué à la famille Traoré en plaçant en garde-à-vue deux frères et un ami du jeune tué cet été par la police. A la SNCF, poussé à bout par la répression anti-syndicale, c’est un cheminot de Sud Rail qui s’est suicidé, vendredi. C’est bel et bien un patronat de combat, avec un Etat à son service, que nous avons face à nous. Fillon et les autres sont bien déterminés à le renforcer.

Faire entendre la voix du monde du travail, des quartiers et de la jeunesse

Voter pour un candidat de notre camp social, ouvrier chez Ford, syndicaliste CGT et militant anticapitaliste, c’est une façon de leur dire qu’ils ne passeront pas et que, en tout état de cause, nous nous préparons à résiste. C’est la raison pour laquelle il faut que Philippe Poutou puisse se présenter aux présidentielles. Dans le cadre de la dernière ligne droite de la course aux signatures, il faut que les 500 parrainages arrivent.

Que Philippe Poutou se présente, l’extrême gauche dans son ensemble, les équipes militantes sur les boites, les militants des quartiers et la jeunesse n’en seraient que davantage renforcés. C’est essentiel pour toutes celles et tous ceux qui sont en colère, dégoûtes par ce système. Pour celles et ceux qui seraient tentés de voter "utile". C’est essentiel pour toutes celles et tous ceux qui se pourraient se tromper de colère et pourraient finir par voter contre leur camp.




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