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Encore une fois…

Droit de grève : La SNCF encore une fois condamnée

La justice a rendu une décision importante cette semaine, condamnant la SNCF pour détournement du droit de grève.

Cela deviendrait presqu’une habitude, Sud Rail vient une nouvelle fois de faire condamner la SNCF pour avoir délibérément détourné le droit de grève de milliers de cheminots.

Le syndicat Sud Rail, habitué à attaquer en justice la SNCF, n’en n’est pas à son premier coup d’essai. Ils ont participé à la condamnation par deux fois de la SNCF dans un tribunal, si de nombreuses affaires ne font pas la une, d’autre comme les repos volés ou encore le procès des « chibanis », travailleurs marocains discriminés pendant toute leurs carrière à la SNCF, sont le fruit de batailles menées contre la direction.

Voilà donc une nouvelle affaire qui vient entacher encore plus la réputation de cette entreprise, qui se dit soucieuse de préserver le dialogue social, mais qui derrière ne se cache pas d’entraver le droit de grève de ses salariés. Cette condamnation montre à quel point le vice patronal est poussé à son paroxysme. Pour bien comprendre, prenons un exemple : M. Dupont se déclare gréviste sur son service de nuit entre 22h et 6h du matin la nuit du lundi au mardi. Sa déclaration de grève couvrant son service, la SNCF changeait l’affectation de l’agent en service 14h-22h le lundi, justifiant qu’il n’était couvert par la grève uniquement à partir de 22h et donc qu’il était complètement utilisable par l’entreprise sur d’autres plages horaires. C’est incroyable comment en 2017 il existe des situations semblables à celles du 19ème siècle, dans ce qui se veut être des « fleurons » de l’industrie. Voilà encore une démonstration, s’il le fallait, pour clouer le bec de ce cher Monsieur Gattaz, qu’il n y a aucune flexi-sécurité, que les patrons trouveront toujours tous les moyens pour détourner le peu de droits qu’il reste aux salariés. Plus que jamais, les ordonnances affaibliront les moyens de recours devant la justice pour attaquer les entreprises qui truandent les salariés. Ce qui préoccupe surtout le Medef c’est de sécuriser les patrons pour ne plus avoir à répondre devant les tribunaux en matière de droit du travail.

Si Sud Rail a gagné une première bataille concernant le détournement du droit de grève, le syndicat a notamment attaqué l’entreprise en justice suite à l’extension du délai de prévenance à quasiment l’ensemble des métiers du chemin de fer, où seuls les aiguilleurs, les conducteurs et les contrôleurs étaient concernés par le service minimum auparavant. La SNCF, dans une décision unilatérale qui est encore une belle démonstration de leur conception du "dialogue social" dans l’entreprise, a élargit à plusieurs métiers l’obligation de se déclarer gréviste 48h avant le début de la grève afin d’adapter la production. Encore une fois la démonstration que sous couvert de productivité, la SNCF n’hésite pas à bafouer le droit de grève.




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