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Politique

Fillon lâché de toute part !

Droite. Pour sauver ce qui peut encore l’être, Fenech appelle les élus à parrainer Alain Juppé !

Plus les heures passent, et plus François Fillon semble être en difficulté. Après le départ en grand fracas de Bruno Le Maire et de l'UDI, qui se sont retirés de la campagne du vainqueur de la primaire de la droite, Georges Fenech vient de lâcher une bombe ce jeudi matin. Le député Les Républicains, par ailleurs magistrat, a appelé les « élus responsables » à parrainer... Alain Juppé ! Julian Vadis

« J’appelle tous les élus responsables (...) à adresser au Conseil constitutionnel leurs parrainages pour Alain Juppé ». Cette déclaration, sur France Info, ce jeudi matin, est signée Georges Fenech, magistrat et député Les Républicains du Rhône. Elle témoigne que, loin d’avoir soudé les rangs, les multiples allocutions de François Fillon pour se défendre tant bien que mal en pleine tempête du PenelopeGate ont déclenché la panique. L’UDI, Bruno Le Maire, et bien d’autres ont déjà quitté le bateau, mais il s’agit, avec cet appel, d’un cap de passé. Une (des ?) fraction(s) de l’appareil Républicains juge(nt) que François Fillon est aujourd’hui complétement cramé. Non pas pour remporter la présidentielle, mais tout simplement pour passer le premier tour.L’escouade va plus loin. Georges Fenech annonce la « chute imminente » de François Fillon, et ce sarkozyste ne voit qu’en Alain Juppé une alternative. Il s’agit pour le député du Rhône du « seul par son expérience à pouvoir reprendre le flambeau ».

L’hypothèse d’une balladurisation de la candidature Fillon,qui attaque bille en tête la justice et la presse, comme Berlusconi à la grande époque, semble prendre de l’épaisseur d’heure en heure. Plusieurs scénarios se dégagent, avec la date du 15 mars en ligne de mire qui ressemble à s’y méprendre à un tournant majeur. Dans ce cadre, deux grandes questions se posent : Cet appel sera t-il entendu par les élus de droite ? Et surtout, Alain Juppé se positionnera t-il comme candidat à la présidentielle ? On peut imaginer tout de même que le maire de Bordeaux a été informé de cette initiative matinale sur France Info, qu’il ait ou non donné son aval.

En ces temps d’élection toboggan sur fond de crise du capitalisme français, le panorama de l’élection présidentielle semble toujours, à un mois de l’échéance, incomplet. Un ou deux candidats issus de l’appareil Républicain ? Avec ce nouveau tournant, il est même incertain de savoir quelle sera l’identité d’un éventuel candidat unique. Or, l’hypothèse d’une candidature Juppé (qu’elle soit « à la place » ou « à côté » d’une candidature Fillon) redistribuerait les cartes et serait un coup porté à la candidature d’Emmanuel Macron, qui verrait émerger un concurrent de poids sur son espace politique. De plus, cela aurait évidemment des conséquences à gauche, car une telle configuration accentuerait la pression à l’unité entre Mélenchon et Hamon, avec en ligne de mire la possibilité d’une élection de Marine Le Pen, elle-même empêtrée dans les affaires et qui risque de perdre son immunité. Dans ce marasme, aucun scénario n’est à écarter. Une seule chose est sûre : les heures, jours et semaines à venir seront riches en enseignements... et en rebondissements.




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