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Notre classe

Interview du secrétaire adjoint CGT de l’hôpital de Denain

Du Nord-Pas-de-Calais à Paris, les hospitaliers solidaires

Propos recueillis par Flora Carpentier Jeudi 5 novembre, un rassemblement avait lieu à Valenciennes (Nord-Pas-de-Calais) en solidarité avec Dominique Danquoins, ouvrier de PSA licencié pour avoir pris un joint en caoutchouc dans une benne. A cette occasion, nous avons rencontré le secrétaire adjoint CGT de l’hôpital de Denain (banlieue de Valenciennes), venu apporter son soutien à Dominique et que nous avons interviewé à propos de la lutte en cours dans la santé.

Pourquoi avez-vous pensé important, en tant qu’hospitalier, d’apporter votre soutien à Dominique Danquoins, licencié de PSA Valenciennes ?

Parce que c’est du harcèlement ce qui arrive à Dominique, c’est inhumain. A la base il a fait ça pour sa famille, il prend un joint dans une benne et il se retrouve licencié. Ca peut arriver à n’importe qui dans n’importe quelle entreprise. C’est vraiment de l’acharnement. Donc c’est important d’unir les forces et de lui montrer que tout le monde est solidaire avec lui, qu’il n’y a pas que les travailleurs de son entreprise qui sont solidaires.

Dans la santé, vous êtes aussi en lutte ?

Oui, on est en lutte contre la loi santé qui est en train de détruire l’hôpital public. On fait régulièrement des journées de grève, et on a entamé des pétitions, pour sensibiliser la population et faire connaître nos revendications. On a aussi fait la caravane du Hainaut (région autour de Denain et Valenciennes), pendant laquelle on est passés dans plusieurs établissements de santé tous les jours pour sensibiliser à la fois le personnel et la population.

Les hôpitaux de Paris sont en lutte contre la réforme du temps de travail que voudrait imposer Martin Hirsch. Chez vous, les problématiques sont similaires ?

Oui, dans notre hôpital, l’année dernière, ils ont voulu nous faire la même chose, mais ils n’ont pas réussi. Mais c’est parce qu’on a fait un mouvement devant la direction, sur 1000 salariés on était 400 ! Donc ils ont fait marche arrière,il y a eu des négociations toute l’année et finalement on a perdu une minute de temps de travail par jour. Avant quand on travaillait 8 heures, on nous comptait 7h56. Maintenant on travaille 8 heures et on nous compte 7h55. Ça correspond à trois heures par an, mais en fait on ne les perdra pas parce que maintenant on doit noter tout dépassement de tâche sur un cahier. C’est un moindre mal après 9 mois de négociations. Et quand on voit ce qu’ils veulent faire passer à Paris…

Paris, Denain, même combat ?

Bien sûr. D’ailleurs on avait fait une action commune le 9 avril à Paris à la manifestation interprofessionnelle. Ce jour-là on était plus que mobilisés, il y avait 300.000 hospitaliers dans la rue ! Et on est passés devant leurs hôpitaux, dans le circuit il y avait quand même 3 hôpitaux parisiens. C’était une façon symbolique de leur montrer qu’on était solidaires. Mais on a dû passer seulement dix secondes dans les médias ce jour-là !

Qu’auriez-vous envie de dire pour encourager vos collègues de l’AP-HP ?

Qu’ils n’ont rien perdu pour l’instant, c’est un syndicat minoritaire [la CFDT] qui a signé, il compte à peine 15% des voix donc il n’est pas représentatif. Alors c’est sûr que l’accord avec la CFDT va servir aux prochaines discussions, ils aimeraient bien faire passer la réforme en force. Mais c’est justement pour ça qu’il y a à nouveau des mouvements et que les hospitaliers seront dans la rue mardi prochain.




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