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Culture et Sport

Des supporters de l’OM solidaires du mouvement contre la réforme des retraites en Argentine

Du Vélodrome à Buenos Aires, solidarité contre la répression !

Une banderole en soutien des travailleurs argentins qui luttent contre la réforme des retraites déployée devant le Vélédrome : une idée de supporters indépendants de l’OM. Nous en avons parlé avec Florian Balletti, l'un des initiateurs de l’action.

LID - Pourquoi avez-vous fait cette banderole à Marseille et posé avec d’autres fans de l’Olympique à l’entrée du stade du Vélodrome ?

FB- Tout d’abord je voudrais dire que c’est une initiative personnelle, qui n’implique pas les groupes de supporters du club. Quand j’ai vu la répression que vous avez subie et qui a touché les classes populaires - dans une ville cosmopolite comme Buenos Aires -, j’ai fait un parallèle avec un lieu en France, le Vélodrome, où l’on retrouve ce même mélange. J’ai passé 5 mois dans votre pays et j’ai pu voir la passion des Argentins pour le football ; en France, il n’y a qu’à Marseille qu’on retrouve un amour et une ferveur pour le football comparable au vôtre.

LID- A Marseille, le football argentin est-il une référence ?

FB- Souvent dans le stade, les fans ont tendance à s’identifier avec l’environnement argentin, ils veulent des guerriers sur le terrain, des joueurs avec leur hargne. Certains joueurs illustres de l’équipe nationale argentine comme Heinze ou Lucho sont passés par l’Olympique de Marseille. Maradona, quand il était à Naples, était sur le point de venir chez nous. Lucas Ocampos, qui a fait ses débuts à River, joue actuellement dans notre équipe.

LID- Il y a également « El Loco » Bielsa qui a laissé sa marque, non ?

FB- La saison avec Marcelo Bielsa était pleine de passion : l’osmose entre le DT, les joueurs et les fans était au maximum. Souvent les supporters de l’OM ont cette phrase : « Marseille c’est l’Argentine ».

LID - Alors, quand vous avez vu des images de la répression contre les manifestants, contre la réforme des retraites et des pensions, vous avez senti que vous deviez faire quelque chose...

FB- C’est pourquoi, en tant que fervent supporter, il semble logique d’envoyer un message de soutien de « Marseille, la rebelle ». De plus, les supporters de football en France subissent une énorme répression de la part des autorités et de la police. Interdiction de déplacement, interdiction d’entrée au stade pendant 1 ou 2 ans avec l’obligation de se présenter à la police chaque jour de match, des supporteurs escortés et enfermés dans le stade comme du bétail. Des coups de matraque en toute occasion, gaz lacrymogène jeté dans les escaliers sans ventilation avec des femmes, des personnes âgées, des enfants. A Montpellier, un fan a perdu un œil pour un tir de Flash Ball. Bref, on a droit à tout un éventail répressif. De plus, les médias dominants détournent le regard et rejettent la faute sur ces « fans criminels ». Même si cette répression n’est pas comparable à ce que vous avez souffert en Argentine, le parallèle m’a semblé possible et c’est pourquoi j’ai eu cette initiative avec mes amis.

LID - Pourquoi pensez-vous qu’il existe un environnement hostile contre le public qui suit l’Olympique ?

La volonté de la ligue de football et des autorités est claire : supprimer les tribunes populaires, bruyantes et festives, préférant tribunes aseptisées, composées de spectateurs- consommateurs qui regardent le match avec des popcorns. Le football moderne est l’une des vitrines les plus moches de l’ultralibéralisme et de ce capitalisme exacerbé et sans complexes.

LID- Voulez-vous envoyer un dernier message aux travailleurs et aux retraités en Argentine ?

Solidarité avec le peuple argentin ! Tenez bon, les camarades !

[Trad. Michel Rosso]




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