^

Notre classe

A quelques jours de la rentrée sociale

Durcissement du conflit à Air France. Un point d’appui pour l’ensemble des travailleurs ?

Après des mois de conflits, et alors qu'un nouveau directeur général a été nommé, l'intersyndicale d'Air France a annoncé ce jeudi 30 août un durcissement du conflit dans les jours et semaines à venir. A quelques jours de la rentrée sociale, qui s'annonce explosive, il est certain qu'un mouvement dur pourrait être un point d'appui pour l'ensemble des travailleurs.

Crédits : Planète Business

La colère monte chez Air France ! Pour cause, le blocage des salaires de 2012 à 2017 par la direction et l’absence de réponse aux revendications d’augmentation des salaires, désormais « justifié » par le changement de directeur général à la tête de l’entreprise, avec la nomination de Benjamin Smith. Face à cette situation, neuf organisations syndicales (CGT, FO, SUD, SNPNC, Unsa-PNC, CFTC, SNGAF, SNPL et Alter) ont publié un communiqué ce jeudi 30 août annonçant, entre autre, un durcissement du mouvement, avec des modalités présentées dans les jours à venir.

La revendication centrale est donc une hausse des salaires de 5,1% correspondant à l’inflation entre 2012 et 2017. Une exigence on ne peut plus légitime dans une entreprise qui maintient un blocage des salaires alors même que sa situation économique est prospère, mais à laquelle la direction fait aujourd’hui la sourde oreille. Une revendication qui peut être également élargie et généralisée par celle de l’échelle mobile des salaires, permettant l’augmentation continue des salaires selon l’inflation et sans baisse de salaire dans le cadre de déflation à l’avenir. Parallèlement, il est indispensable de revendiquer l’interdiction de l’embauche en contrat précaires, au profit de CDI, et la titularisation immédiate de l’ensemble des travailleurs actuellement embauché en CDD ou en intérim.

Pour obtenir ces revendications, qui sont absolument indispensable pour une amélioration des conditions de vie et de travail des travailleurs, il semble, après 4 mois sans épisode de grève, qu’il sera indispensable non seulement de reprendre le chemin de la lutte dure non pas éparses, mais en continue et jusqu’à entière satisfaction.

Un rentrée potentiellement explosive. Air France comme « moteur » d’un mouvement d’ampleur ?

On le sait, la première année du quinquennat de Macron a certes été marqué par l’enchainement de réformes contre les acquis des travailleurs, mais aussi par de premières réactions, dans la jeunesse et certains secteurs ouvrier. Que cela soit au niveau des Ephad, de la santé en général, des universités ou, bien évidemment, chez les cheminots, Macron a du faire face à des mouvements de résistances. Et le programme chargé du gouvernement en terme de nouvelles attaques laisse ouvert la possibilité à de nouveaux épisodes de lutte.

On le sait aussi, Macron a remporté ces premières batailles, due entre autre au fait que nombre de ces batailles sont restées isolées, voire menées « en pointillé ». Pourtant, le président y a laissé quelques plumes, dont son impopularité croissante et les tensions au sein-même de sa majorité sont des exemples forts.

Sans mettre au placard leur revendications spécifiques, il apparaît donc que les travailleurs d’Air France peuvent être une forme de point d’appui, en cherchant à entraîner d’autres secteurs dans son sillage, pour un mouvement d’ampleur contre le gouvernement, à même d’instaurer un rapport de force capable de faire plier Macron et Benjamin Smith.




Mots-clés

Grève   /    Emmanuel Macron   /    Air France   /    Notre classe