^

Notre classe

Air France en grève le 23 mars

Durcissement du conflit à Air France : nouvelle journée de grève le 23 mars

L’intersyndicale, réunie lundi 5, a décidé d’appeler à une deuxième journée de grève le 23 mars. La direction de la franco-néerlandaise Air France-KLM, refuse l’augmentation d’un 6% de salaires demandée par les syndicats, pour rattraper la perte du pouvoir d’achat. Des salaires bloqués depuis 2011 pour les travailleurs, qui contrastent avec les 1,5 milliards d’euros de bénéfices en 2017 pour la compagnie.

Face à la réponse négative de la direction de donner satisfaction aux demandes de salariés, l’intersyndicale a décidé lundi 5 la continuité du mouvement social par une grève nationale le 23 mars prochain. Lors de la première journée d’action le 22 février, la moitié des vols long-courriers d’Air France-KLM ont été annulés. Cette grève, exceptionnelle par son ampleur et parce qu’elle réunissait toutes les catégories de salariés, a été bien suivie, avec un taux de grévistes de près de 40%.

L’intersyndicale réunit les dix principales organisations de travailleurs de la compagnie, les pilotes représentés par la SNPL, Spaf et Alter, et deux syndicats d’hôtesses et stewards (SNPNC et Unsa-PNC). Mais aussi cinq autres organisations de travailleurs du sol (CGT, FO, SUD, CFTC et SNGAF).

Gel des salaires depuis 2011


Les travailleurs d’Air France ont subi un gel des salaires depuis sept ans, ainsi que 10 000 suppressions de postes. La compagnie, elle, a réalisé 1,5 milliards d’euros de bénéfices en 2017.

C’est pour rattraper le pouvoir d’achat perdu par l’inflation de ces années que les personnels navigants et non-navigants réclament une augmentation de salaire de 6%. Dans une tentative de couper court au mouvement, la direction a fait approuver par la CFE-CGC et la CFDT, deux syndicats non représentatifs, une augmentation des salaires d’à peine 1 %.

Trois mois de grève des mécaniciens au sol


Les mécaniciens sont en colère. La hausse de 5,6 % du trafic aérien, qui représente 93,4 millions de passagers, a obligé la compagnie à mettre fin à sa politique de zéro embauche des années précédentes. « Mais Air France a été obligée de rehausser les salaires d’embauche, faute de trouver des salariés qualifiés au prix où sont payés les mécaniciens de la compagnie », explique le président du syndicat de pilotes SNPL. Ce qui fait que les nouveaux travailleurs gagnent plus que ceux avec dix années d’ancienneté. Selon lui, « Air France sous-traite à prix d’or la maintenance des avions auprès de mécaniciens qui ne connaissent pas la flotte », avec des « risques qui se multiplient pour la sécurité des passagers et des équipages ».

Les travailleurs ne sont pas prêts à se laisser faire et se préoccupent de la sécurité des passagers et de la leur. La grève du 23 mars pourrait coûter de 20 à 25 millions d’euros à Air France. Il est seulement dommage que l’intersyndicale de chez Air France appelle à la grève un jour après la journée de mobilisation des cheminots, des travailleurs de la fonction publique et de la jeunesse le 22 mars. Cela aurait été l’occasion de donner plus de force aux mobilisations et peut-être préparer les conditions d’un « tous ensemble ».

Photo : Flickr | Dave Brett.




Mots-clés

Grève   /    Air France   /    Notre classe