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Écosse. Des salariés d’Amazon dorment dans des tentes près du site pour économiser sur les transports

Au moins trois tentes ont été vues dans les bois près de l’autoroute M90 à Dunfermline, en Écosse, à côté d’un des entrepôts géants de la compagnie. Les employés disent qu’ils ne peuvent pas se payer les transports pour aller travailler, alors ils bravent le froid en cette fin d’automne avec des températures en dessous de zéro, et passent la nuit dans les bois.

Dormant dans des conditions de précarité atroces, loin de leurs familles, ces employés disent faire cela pour faire des économies sur les coûts de transport, afin de pouvoir continuer à travailler pour l’entreprise, Amazon, celle-là même qui ne les paye pas assez pour pouvoir se payer les transports vers le lieu de travail.

Les tarifs facturés par la compagnie pour le transport prennent une part importante du salaire hebdomadaire des employés, ce qui les oblige à chercher des façons toujours plus désespérées de rendre leur travail plus rentable.

Les températures sont descendues à -7°C dans la région ces derniers jours, ce qui fait craindre pour la santé des travailleurs.

Il y a environ 1500 employés permanents dans les entrepôts de Dunfermline, mais des employés temporaires sont aussi embauchés, notamment pour répondre aux besoins des fêtes de Noël.

Malgré la situation extrême que vivent ces précaires, un porte-parole d’Amazon a déclaré : « Amazon apporte un espace de travail agréable et sûr à ses employés. La sécurité et le bien-être de nos associés, permanents comme temporaires, est une de nos priorités (…) Nous sommes aussi fiers d’avoir pu créer plusieurs milliers d’emplois permanents dans nos centres d’envoi au Royaume-Uni dans les cinq dernières années ».

Ce porte-parole cache derrière l’argument massue de « créer des emplois » les conditions de précarité proches de l’esclavage.

Ce n’est pas la première fois que l’on parle des conditions de travail atroces chez Amazon, loin de là. On se souvient du témoignage de Nichole Gracely sur les horaires flexibles à la merci de l’employeur, qui amenaient les employés à être traités comme des mendiants. En Allemagne, une employée se plaignait de travailler dans un espace fermé, sans aucune ouverture, et où la température en été pouvait dépasser les 40°. Elle raconte avoir trouvé dans les rayons de stockage une collègue allongée sur le sol, le visage bleu et en train de vomir. Elle a cru que sa collègue allait y rester.

À l’approche des fêtes de Noël, et pressurés par l’impératif consumériste de la période, il est bon de se rappeler que derrière ces multinationales qui comme Amazon nous vendent tout type de produits se cachent des emplois d’une précarité extrême.




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