Notre classe

Dans des collèges du 93, les agents en grève pour de meilleures conditions de travail

Éducation Nationale. Toujours plus d’élèves, plus de surface, plus de jours de travail… et moins de personnel !

Publié le 10 octobre 2016

Depuis la rentrée, plusieurs agents de service, personnels ATTE (Adjoints Techniques Territoriaux des Établissements d’enseignement – employés par les Conseils généraux dans les collèges depuis les lois de décentralisations), se sont mis en grève illimitée. Ils dénoncent la souffrance au travail et exigent des moyens pour de bonnes conditions de travail, d’hygiène et de sécurité, pour tous les personnels mais aussi tous les élèves du département.

Correspondante

Les conditions de travail ne cessent de se dégrader d’années en années. En effet, les mesures austéritaires s’enchaînent, au détriment de la santé des personnels : non remplacement des départs en retraite dans de nombreux établissements ; surcharge de travail liée au non remplacement en cas d’arrêt maladie.

Cerise sur le gâteau, le Conseil général de Seine-Saint-Denis a établi un modèle de calcul du nombre d’agents en fonction de la surface de nettoyage, soit un agent pour 1600 m2 dans certains établissements. Ce mode de calcul ne prend pas en compte les escaliers voire certaines voies de circulation, ni le nombre d’élèves dans un établissement.

C’est dans le collège Jean Moulin à Aubervilliers que des personnels ATTE ont impulsé une première mobilisation dès la rentrée, d’une durée de deux semaines, face à une situation intenable dans l’établissement lié au manque d’agents. La seule réponse qu’ils obtinrent fut du mépris à leur encontre.

Les agents de service du collège Barbara, à Stains, entament à leur tour une grève reconductible pour obtenir deux postes d’agents supplémentaires. Depuis la rentrée 2014, l’établissement avait perdu un agent polyvalent et la situation n’a cessé de se dégrader : absences non remplacées, multiplication des restrictions médicales liées à la difficulté du métier, augmentation des surfaces à nettoyer et du nombre d’élèves accueillis par l’établissement et la cantine… Et depuis la rentrée 2016, avec le départ d’une autre collègue, à ce jour non remplacée, la pression s’est encore accrue sur les personnels.

Les agents sont largement soutenus par l’ensemble des personnels enseignants, d’éducation et vie scolaire, qui appellent à des journées de grève avec eux afin de construire le « tous ensemble ». En effet, outre la dégradation des conditions de travail et l’épuisement accru des agents, c’est l’ensemble du personnel d’enseignement et d’éducation mais aussi les élèves qui souffrent de cette situation. L’hygiène et la sécurité ne peuvent être correctement assurées dans de telles conditions.

Par ailleurs, la colère gronde dans tout le département puisque d’autres établissements ont déposé des préavis. Dans beaucoup d’écoles, collèges ou lycées, la situation est la même pour les agents de service : surcharge de travail, multiplication des problèmes de santé. C’est aussi le risque de voir les locaux se dégrader rapidement et entacher les conditions d’étude pour les élèves du 93.

Ces luttes ne doivent pas rester isolées, car il s’agit d’une politique d’ensemble contre les agents mais aussi contre le monde du travail. La situation est la même dans de nombreux établissements.

C’est pourquoi, à l’appel de sud-éducation 93 et de FO 93, une journée de grève des personnels ATTE le mardi 18 octobre sera l’occasion de faire entendre leur voix devant le Conseil départemental de Seine-Saint-Denis. L’ensemble des personnels des établissements sont appelés à se mettre en grève avec les agents en soutien mais également pour leurs propres conditions de travail. Cette lutte n’est qu’un début. Il faudra étendre la grève pour faire plier le Conseil départemental et obtenir satisfaction : plus de personnel dans tout le 93 !