Société

Appel de personnels de l’éducation prioritaire

Education. « Touche pas à ma ZEP ! »

Publié le 1er septembre 2016

La jeunesse, « priorité du gouvernement », a déjà bien souffert depuis le début du quinquennat Hollande, notamment en terme d’éducation. Cette rentrée 2015 ne sera pas en reste, avec de nouvelles attaques sur les budgets en matière d’éducation prioritaire qui vont toucher les professeurs et les élèves. Nous relayons ci-dessous l’appel des personnels des lycées en éducation prioritaire de la région parisienne, soutenu par des organisations syndicales. Dans certains lycées, c’est déjà la grève qui se prépare, pour une rentrée de lutte des classes contre ces attaques !

Appel à tous les personnels des lycées en éducation prioritaire “Touche pas ma ZEP !”

Loin de la com’ ministérielle sur une pseudo volonté de revitaliser l’éducation prioritaire, les décisions se succèdent qui signent sa destruction programmée. Les collèges et les écoles sont nombreux à découvrir des moyens en forte baisse par rapport à la rentrée 2015 alors même qu’ils ont conservé le label REP : "REP+ = Rien En Plus !".

Quant aux lycées, après avoir sans cesse repoussé la publication d’une liste des lycées maintenus en éducation prioritaire, Najat Valaud-Belkacem vient dans un récent courrier* au député d’Asnières-sur-Seine Sébastien Piétrasanta d’annoncer leur sortie de tout dispositif dès 2017, y compris pour les lycées professionnels.

L’argument avancé par la ministre est celui de la priorité donnée à la scolarité obligatoire dans la refondation de l’éducation prioritaire. Pourtant le ministère continue bien d’afficher comme un de ses objectifs principaux d’en finir avec les 150000 jeunes sortants chaque année sans diplôme du système scolaire. Or la difficulté scolaire ne s’arrête pas à 14 ans ! Comment expliquer alors la décision de supprimer en lycée les moyens supplémentaires liés à l’éducation proritaire ?

La première conséquence sera la dégradation des conditions d’enseignement et de réussite des élèves de ces lycées accueillant une majorité d’élèves issus de milieux défavorisés : hausse des effectifs par classe, baisse de l’offre d’options et des cours en demi-groupe, etc. Cela signifiera aussi une dégradation des conditions de travail des personnels.

Par ailleurs, les personnels perdront leur prime ZEP et leurs bonifications pour les mutations. Cette dégradation des conditions d’enseignement et de la rémunération entraînera une rotation accrue des équipes pédagogiques mettant en péril le travail en équipes essentiel à la réussite des élèves dans ce type d’établissement.

Nous contestons la sortie des lycées relevant de l’éducation prioritaire. Nous exigeons la mise en place d’un statut et d’une carte élargie de l’éducation prioritaire pour les lycées avec la garantie d’effectifs limités, de moyens supplémentaires et de compensations spécifiques pour l’ensemble des personnels, assurant ainsi la stabilité des équipes.

Plusieurs lycées ont déjà décidé de se mettre en grève dès la rentrée 2016 si des engagements fermes n’étaient pas pris par le ministère.

Premiers signataires :

les personnels mobilisés du
lycée Joliot Curie de Nanterre (92)
lycée Guy de Maupassant de Colombes (92)
lycée Romain Rolland de Goussainville (95)

avec le soutien de : CGT éduc’action Créteil, 92 et 95, SNES-FSU 92, SUD éducation 92...

*La ministre répondait dans ce courrier en date du 27 avril 2016 au député qui relayait l’inquiétude des collègues du lycée professionnel Prony d’Asnières-sur-Seine (92) anciennement classé ZEP.