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Le coup d'Etat institutionnel se poursuit

Élections au Brésil : la justice passe outre l’ONU et maintient son opposition à la candidature de Lula

En dépit de la résolution de l'ONU qui a défendu le droit de Lula à se présenter pour la campagne des élections présidentielles, la justice électorale brésilienne poursuit le processus visant à l'en empêcher.

La résolution du Comité des droits de l’homme de l’ONU stipule que l’Etat brésilien doit permettre à Lula d’être candidat et lui donner le droit de participer à la campagne électorale en attendant que la décision finale de son jugement en appel ait été donnée. Cependant, le pouvoir judiciaire continue de mettre des bâtons dans les roues à sa candidature. Il empêche ainsi le droit de vote de la population pour qui le souhaite.

La Cour électorale supérieure a donné, ce jeudi, un délai de sept jours à la défense de l’ancien président Lula da Silva pour présenter des arguments et des justifications sur la viabilité de sa candidature, en ignorant complètement la résolution de l’ONU.
Concernant la résolution de l’ONU, la Cour a déclaré que ses recommandations étaient « précipitées » et que « cela ne pouvait pas être exécuté ». C’est la réponse qu’a donné le procureur Maurício Gotardo Gerun à Lula et sa défense, suite au recours que l’ex-mandataire avait déposé pour pouvoir donner des interviews depuis l’intérieur de la prison où il est actuellement incarcéré.

Rapporté par le Parti des Travailleurs, les avocats de Lula défendent l’argument selon lequel « même injustement condamné, l’ancien président maintient intacts ses droits politiques, y compris ceux de voter et d’être voté en tant que candidat à la présidence » et que la loi électorale garantit à tous les candidats le droit à un traitement égal par les médias.

La résolution de l’ONU sonne comme un échec pour la justice électorale brésilienne qui cherche à écarter l’ancien président. Onze juristes et avocats européens et latino-américains, dont l’ancien juge espagnol Baltasar Garzón, viennent également de rappeler aux autorités brésiliennes son obligation de respecter la décision du Comité des droits de l’homme de l’ONU sur la candidature présidentielle de Luiz Inácio Lula da Silva.

L’appel est contenu dans une lettre datée du 24 août, rédigée à Paris et adressée au président brésilien, Michel Temer ; au chancelier, Aloysio Nunes ; au ministre de la justice, Torquato Jardim, et aux onze ministres de la Cour suprême fédérale.
De son côté, le Tribunal, à la date de mercredi où expirait le délai de procédure, avait reçu pas moins de 16 contestations de la candidature de Lula, dont celle du procureur général de la République. Le TSE a jusqu’au 17 septembre pour examiner le recours de Lula et prendre une décision. Cela 20 jours avant les élections.




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