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Politique

Bayrou et de Sarnez dans le viseur

Emplois fictifs. Témoignage à charge contre les dirigeants du MoDem

Le témoignage de Karine Aouadj, ancienne assistante de Marielle de Sarnez au Parlement européen, met de nouveau l’ex-numéro deux du MoDem sous le feu des projecteurs.

Crédit photo : LP/Olivier Corsan

Une partie de l’affaire avait été révélée en juin par le Canard Enchaîné, peu après que la corruption de Richard Ferrand ait été dévoilée par Mediapart, entachant d’autant plus la moralisation de façade prônée par Macron et son gouvernement.

Embauchée en 2007 comme assistante personnelle de François Bayrou, Karine Aouadj a obtenu en 2010 le poste d’assistante parlementaire européenne locale de Marielle de Sarnez, l’ex-numéro deux du MoDem. Cette dernière, on s’en souvient, est brièvement passée par la case ministre des Affaires européennes sous le gouvernement Macron avant de démissionner à cause de sa mise en cause dans l’affaire des emplois fictifs, à l’instar de François Bayrou.

Mais l’histoire ne s’en est pas tenue là puisque récemment, Karine Aouadj a elle-même affirmé aux enquêteurs de l’Office central de lutte contre la corruption et les infractions financières et fiscales qu’au cours de ces années rémunérées comme assistante parlementaire européenne, son travail était plus proche de celui d’une assistante personnelle, voire d’une concierge. En d’autres termes, elle aurait donc travaillé pour le compte du MoDem, mais en étant rémunérée avec de l’argent public.

J’ai été son assistante personnelle, jamais son assistante parlementaire européenne.

Karine Aouadj, lors d’une audition

Entre autres tâches effectuées pour le compte de l’eurodéputée : organisation de week-ends de loisirs, réservation de restaurants, de billets de train, pressing… De plus, même si, officiellement, elle n’était plus l’assistante de François Bayrou depuis 2010, Karine Aouadj affirme avoir également continué à travailler pour lui, précisant que son bureau se trouvait juste à côté du sien.

Comme on pouvait s’y attendre, le président du MoDem dément, tout comme Marielle de Sarnez, dont l’avocat a déclaré : « Ma cliente a versé des preuves par centaines du travail accompli pour chacun de ses assistants parlementaires, dont Karine Aouadj ».

Quoi qu’il en soit, les preuves ne cessent de s’accumuler contre de nombreux membres – démissionnaires ou actuels – du gouvernement Macron. À l’heure actuelle, Richard Ferrand (leader de députés LREM) et Muriel Pénicaud, la ministre du Travail, sont également dans le collimateur de la justice depuis plusieurs mois. Et ces affaires de corruption qui s’empilent pourraient bien obliger Macron à remanier son gouvernement plus tôt que prévu pour esquiver une crise trop profonde, alors que ce même gouvernement cherche en parallèle à détricoter par tous les moyens les acquis des travailleurs, s’attaquant en premier lieu aux plus précaires.




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