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En Belgique, IBM sacrifie 228 emplois sur l’autel du profit.

Publié le 7 septembre 2016

Les suppressions de postes se suivent et se ressemblent en Belgique… Après l’annonce de la fermeture du site Caterpillar à Gosselies, en Wallonie, c’est au tour des travailleurs d’IBM. Le géant américain a annoncé, au printemps dernier, la suppression de 233 postes qui a été suivie par l’enclenchement d’une procédure Renault. Censée favoriser le « dialogue social » dans le cadre d’un licenciement collectif, la procédure a aujourd’hui abouti à la sauvegarde… de 5 emplois.

A. Bronstein

Le licenciement massif des employés d’IBM en Belgique a été confirmé. Sous prétexte de ne pas générer assez de profit pour le patronat, c’est 228 personnes qui vont perdre leur emploi. Au terme de longs mois de négociations, seuls 5 emplois ont pu être préservés, confirmant une fois de plus que le « dialogue social » n’a d’intérêt que pour les classes dominantes. Martin Willems, secrétaire permanent du syndicat CNE a déclaré sans sourciller : « On a sauvé ce qu’on a pu… La moitié partira suite à un plan de pension propre à IBM, qui consiste à prendre sa prépension dès que possible, tout en recevant une partie du salaire sans devoir prester. L’autre moitié sera des licenciements, et concernera d’abord ceux qui souhaitent partir. » Comme si nous pouvions croire un seul instant à la sincérité de tels propos.

IBM n’en est pas à son coup d’essai, puisqu’en 7 ans, le géant est passé, en Belgique, de 3000 postes à 1150 environ aujourd’hui. L’entreprise jouait déjà la carte du dialogue social puisqu’elle encourageait purement et simplement les employés à partir, en leur proposant des indemnités. Une forme de négociation par entreprise qui n’est pas sans rappeler les soi-disant bienfaits de la loi travail, connue en Belgique sous l’appellation loi Kris Peeter, qui a soulevé elle aussi la colère des travailleurs belges.
Mais ayant estimé qu’il était aujourd’hui nécessaire de passer à l’étape supérieure pour engendrer toujours plus de profit, les dirigeants d’IBM doivent se réjouir du résultat des négociations. Ils n’ont eu aucun scrupule envers les centaines de travailleurs sur le point de perdre leur emploi, ni envers ceux des pays « meilleur marché » – où la main d’œuvre est moins chère et exploitable encore plus facilement – vers lesquels ils délocalisent leurs activités.

Une fois de plus, la course au profit fait rage, au détriment des vies détruites, le tout sous couvert d’un « dialogue social » qui ne fonctionne qu’à sens unique. Martin Willems a même déclaré que « les négociations ont été dures et longues, mais se sont conclues dans la sérénité. » Pour les travailleurs d’IBM, il s’agit d’un énième coup de massue et d’un avenir toujours plus sombre. Plus que jamais, la seule voie progressiste passe par la rue, pour contrer l’offensive patronale et entreprendre d’inverser le rapport de force.