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En Belgique, les Gilets Jaunes mettent la wallonie en pénurie d’essence

En même temps que la France, la mobilisation des gilets jaunes a gagné la Belgique depuis samedi. Dès dimanche, l’extrême-droite s’est improvisée porte-parole du mouvement en lançant une nouvelle formation politique « citoyenne ». Si les blocages de péages et de dépôts de carburants provoquent des pénuries et mettent la pression au gouvernement, le mouvement est déjà sur les rails de la récupération.

Depuis vendredi 16 novembre, la mobilisation des gilets jaunes se fait aussi entendre de l’autre côté de la frontière. En Wallonie, les manifestants qui protestent contre la hausse des carburants et la vie chère ont décidé de bloquer plusieurs sites pétrochimiques : à Feluy, le site de carburant Total Petrochimical est bloqué depuis dimanche et inaccessible aux camions. D’autres dépôts ont été bloqués dans les régions de Namur et de Liège. Une tentative de blocage du dépôt russe Lukoil, près de Bruxelles, principal réservoir du pays, a été rapidement délogée par les forces de l’ordre. L’objectif est de bloquer l’ensemble des raffineries du pays et en dépit du ton rassurant que prend la presse et la patronat – la fédération des négociations en combustibles et carburants a assuré qu’il n’y avait pas de risque de pénurie -, force est de constater que ce mercredi, ce sont entre 400 et 600 stations d’essence qui sont en rupture de stock, soit 1 sur 3.

En lutte pour l’amélioration du pouvoir d’achat, le mouvement des gilets jaunes s’oppose également à la politique fiscale et au faible niveau de retraites imposées par le gouvernement libéral de Charles Michel. Le mouvement est particulièrement fort en Wallonie, traditionnellement plus pauvre et ouvrière que la Flandre mais touche peu la capitale Bruxelles. Selon Bruno Frère, sociologue de l’université de Lièges, le phénomène des gilets jaunes belges s’explique par « des phénomènes d’appauvrissement » des classes populaires touchées par le « précariat ». Une physionomie assez semblable à son homologue français.

Une différence cependant, la mobilisation d’abord apolitique a été très rapidement récupérée et d’ores et déjà entrainée dans une logique électorale. En effet, des porte-paroles des gilets jaunes wallons ont très vite émergé (dès le lendemain de la mobilisation) et ont lancé la proposition de se structurer en vue des prochaines échéances électorales, pour les législatives de mai 2019. Dimanche après-midi, Claude Gilles, porte-parole de l’action citoyenne menée sur le dépôt de Proxifuel à Wierde (Namur) a annoncé la constitution du « Mouvement Citoyen Belge ». Claude Gilles, ancien membre du Parti populaire, classé à l’extrême-droite, n’a donc pas tardé pour prendre la tête du mouvement. Mieux surfer pour récupérer. De quoi servir de leçon aux gilets jaunes en France et de quoi se méfier.




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